— SUR LES CIRCONSTANCES PRESENTES
verser les éléments et les saisons, pour ramener à lui les sociétés qui s’en écartent. H y a de la sottise à le croire et du fanatisme à l'attendre : il n’a, au eontraire, qu’à laisser un libre cours aux lois générales du monde moral, tout aussi naturelles que celles qui assurent la durée du monde physique; et il n’est pas plus certain que le fleuve dont on rompt les digues débordera dans les cam-
pagnes, que la pierre lancée en l'air retom- ; bera par son propre poids, que le feu qu’on |
n’éteint pas gagnera les combles de l'édifice, qu'il n’est certain que la société qui, rejetant la religion, rejette en même temps la source du pouvoir et les règles des devoirs, et Ôte ainsi aux passions tout frein, et toute retenue aux désirs, sera tôt ou tard, mais toujours trop tôt pour son malheur, livrée à tous les désordres qui naissent de la lutte des pouvoirs et de l'oubli des devoirs, à des désordres tels que nous en avons vu en 9%5, tels que nous en verrions encore; et la révolution la plus sanglante n’est, comme un tremblement de terre ou l'apparition d’une comète, que la suite et l’accomplissement d’une loi générale.
Beaucoup de crimes particuliers demeurent aussi impunis, parce que la justice humaine ne les connaît pas ou néglige de les punir. C’est un désordre sans doute, mais local et passager; et la religion nous apprend que tôt ou lard il sera réparé. Mais il n’y a point même ici-bas d’impunité pour la société; il n’y à pas pour elle d’autre loi à attendre, et elle est toujours exécutée dans le temps et sur le lieu du délit. Toutes les malédictions que dénoncent les Livres saints au peuple de Dieu, lorsqu'il se Hvre à lidolâtrie et va sacrifier sur les hauts lieux, s’aecomplissent à la lettre sur une société chrétienne qui oublie le grand bienfait du christianisme. Ce ne sont point là des miracles :
c’est l'effet inévitable et prévu de l'infraction des lois naturelles des sociétés; et nous avons eu aussi nos faux prophètes, la séparation de nos tribus en nouvelle nation et pation ancienne, nos {ransmigrufions, nos trente ans de captivité sous des maîtres plus durs que les rois d’Assyrie et de Babylone; et il faudrait un nouveau Jus pour
PP aux Te
Comme la cause du désordre est toute morale, le désordre aussi est d’abord moral, et il ne gagne les actions qu'après avoir
troublé-et-altéré" Tes doctrines. Toutes les