‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 202 sur 306 · E BERRY · texte numérisé non relu

E BERRY

| à l’aveu des pensées les plus secrètes et des crimes les plus ignorés.

Mais qu’on ne pense pas que nous réclamions l'intervention de l’Europe pour nous

sauver d’une autre révolution; nous ne fai- ,, sons pas tant d'honneur aux révolutiong-que

de les craindre; que le gouvernement leur retire sa protection, et il suffira partout, contre eux, d’un procureur du roi et de deux gendarmes.

Que les gouvernements soient bien persuadés qu’il n’y a rien de si fort que l’ordre, rien de si faible que la révolution et tout ce qu’elle a voulu faire; car elle n’a rien fait, elle n’a su que détruire, et n’a pu rien fonder ; la vie manque à ses œuvres parce que l’œuvre manque à ses pensées, et si elle vit encore, elle se traîne comme les serpents autour des ruines et des tombeaux. Rien de ce qu’elle a fait ne durera, et c’est ce qu’on aurait appris à la première et à la seconde restauration, si l’on avait su distinguer où étaient les sûretés personnelles et où étaient les intérêts sociaux; la France était prête à tout le bien qu'on aurait exigé d’elle, et j'en

PART. If. POLITIQUE. — LA DUCHESSE DE BERRY.

parle avec plus de connaissance et plus de désintéressement que tous nos indépendants.

Mais enfin, puisqu'on a pris la religion chrétienne pour base de la sainte alliance, puisqu'on en répand partout etavec profusion les livres sacrés, sera-ce donc pour les pouvoirsde la société, que ces livres desroisetces livres des juges seront fermés de sept sceaux? (Apoc. v, 1.) Qu'on y lise les leçons qu'ils donnent aux rois, et ces mots de justice et de jugement qui retentissent à chaque page, qu'on y lise les anathèmes lancés contre les hommes de sang, les impies, les oppresseurs de la veuve et de l’orphelin, les prophètes menteurs, les flatteurs des rois, les séducteurs des peuples... Qu'on écoute un des plus éloquents interprètes de ces divines leçons, criant aux rois sur la tombe d’une illustre victime d’une révolution trop semblable à la nôtre : Et nunc, reges, intelligite; erudimini, qui judicatis terram... (Psal. 1, 9.) Que les rois y apprennent leur pouvoir et les peuples y apprendront leur devoir.

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