‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 208 sur 306 · PEUT-ON CONTREDIRE LE MONARQUE · texte numérisé non relu

PEUT-ON CONTREDIRE LE MONARQUE

juger les rois, les déposer, les mettre à mort, en vertu du grand principe de Ja souveraineté populaire; et pour réforifiér une loi, même fiscale et réglementaire, ils bouleyere sent de fond en comble la société.

La doctrine de l’obéissance passive s’introduit en France, comme elle s’introduisit en Angleterre, et par les mêmes causes: et en France comme en Angleterre, sa conséquence naturelle, inévitable, est la résistance active, et les résultats en ont été les mêmes pour Charles I et pour l’infortuné Louis XVI. Au contraire, en France, on avait toujours professe Ta d'oëtrine de la résistance passive et de l'obéissance active : l'une qu'on ne peut vaincre, “l’autre qu’ on ne peut rebuter; et qui, l'une et l'autre, conservent le respect qu il se trompe, et ne risquent jamais de troubler la société.

Telles sont les maximes des royalistes, telles sont celles de leurs adversaires. Mettez à côté de la doctrine de ces derniers : «qu’on ne peut raisonnablement contredire le monarque par zèle pour sa cause, » cette autre doctrine-avancée par le même auteur parlant comme orateur du gouvernement à la chambre des Députés, dans la séance du 17 mai, «qu'il n'y a plus, en France, qu'un gouvernement et des individus; » chose, au reste, dont il félicite la nation, comme devant y produire les plus D. fruits : mettez à côté la doctrine d’un pair de France sur la monarchie et sur la religion dans le commentaire que, sans respect pour Montesquieu et pour lui-même, il a fait de l'Esprit des lois, et vous aurez un cours complet de despotisme et de barbarie, et c’est ce qu’on appelle des idées libérales.

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