‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 232 sur 306 · PAIE · texte numérisé non relu

PAIE

1111 OEUVRES COMPLET les ans de nombreuses recrues de peintres, de sculpteurs, d'architectes, sont obligés, pour les occuper, de leur commander des tableaux, des statues, des monuments ; et les artistes travaillent par entreprises plutôt que par inspiration. Il sort tous les ans de notre éducation gratuite de nombreux littérateurs qui n'ont d'autre goût et d'autre travail que celui de la plume ; il faut en faire au moins des employés dans vos bureaux ; il n’y a pas de ministère qu’on ne puisse faire et même qu’on ne fasse ailleurs avec trois ou quatre cents commis; pas de division qui n’en eût assez de vingt-cinq ou trente ; et encore, si on mettait les ministères et leurs bureaux au rabais, non des traitements, mais du nombre des employés, on obtiendrait des épargnes d’hommes et d'argent. L'art de la guerre est celui, sans contredit, sur lequel on peut faire le plus d'économies, parce que ces artistes ne se présentent pas d'eux-mêmes, ne vous demandent pas de travail, et vous prient, la plupart, de les laisser à leurs travaux domestiques.

Je me réunirai done à ceux qui ae

*ront la plus grande réduction possible dans

les dépenses, sans crainte d’être accusé de vouloir affaiblir la France ; car ni M. de la Bourdonnave, ni M. de la Fayette, ni M. Delessert, ni M. Lainé, ni moi, ni aucun député de cette chambre, ne voulons affaiblir la France; je veux, au contraire, la fortifier: la

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