‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 233 sur 306 · DISCOURS SUR · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR

Tortifier par l’aisance des peuples, par leur contentement; la fortifier en y rétablissant l’ordre, la religion, les mœurs, les mœurs publiques, sur lesquelles je ne demanderais pas mieux que d’être d'accord avec un de nos honorables collègues, si je n'avais lu le Mémoire du dernier ministre de l’intérieur sur les maisons de détention, de correction et de punition, qu'il faut partout agrandir ou multiplier. Je ne m'oppose pas du tout à ce que la France ait un jour une plus nombreuse armée ; mais j'en crois, pour le moment, la proposition prématurée; je le crois, sur l’état de l Europe, qui n'est pas : à la guerre , et ja- ‘mais, peut-être, on n’a dû compter sur une plus longue paix. Veillons seulement à ce que nos doctrines n ’épouvantent pas l’Europe, et que nos théâtres n’insultent pas les étrangers. Je le crois sur l’état de la France, qui a besoin de repos; et pour qui une guerre, même heu-

reuse, serait une épouvantable calamité pu- : blique et domestique. Je ne rejette pas

l'axiome : Si vis pacem, para bellum ; il faut ! le traduire dans la langue des peuples mo-!

dernes. Les peuples anciens étaient toujours!

prêts à faire la guerre ; les peuples civilisés doivent être toujours préts à la recevoiry et cette dernière préparation est moins dans des

préparatifs militaires que dans des institutions !

politiques.

Je me réserve, en conséquence, de voter sur les différentes réductions.

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