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irrégulier consomme beaucoup de chevaux, et où cependant le cavalier, qui se fournit lui-même son cheval, est sûr d’en trouver à la campagne quand il en a besoin ; et on peut assurer que si la gendarmerie venait tout à eoup à être démontée, elle se remonterait de cette manière plus facilement, plus tôt et aussi bien que toute autre troupe, parce qu’elle habite et parcourt les campagnes, et connaît tous les chevaux de son arrondissement.

La France possède environ 2,400,000 chevaux. M. Chaptal, dans son ouvrage sur l’industrie française, n’en compte que 2 millions 122 mille; mais il a oublié, comme on peut

s'en convaincre, en lisant son tableau, cinq ,

départements, Meuse, Meurthe, Moselle, Nord et Ardennes, qui en donnent 286 mille. La

UEUVYHES COUMPLEIES DE M. DE BONALD.

proportion des mâles aux femelles est de 12 à 13; mais les femelles, plus nombreuses, sont chargées aussi dans le midi de la France de la reproduction des mulets. Or, sur cette quantité, comment supposer que la cavalerie qui, en temps de paix, ne demande environ que 40,000 chevaux, soit obligée de recourir à l'étranger pour ses remontes, ce qui à le double inconvénient et de faire sortir l'argent du royaume, et de décourager en France la multiplication des chevaux.

Je proposerais done que l'administration de la guerre ajoutât 100 fr. par tête de cheval, et qu’à cet effet son budget fût augmenté de 400,000 fr., mais sous la condition expresse, qu'il ne serait acheté que des chevaux francais.

OPINION

SUR L'ARTICLE DU BUDGET DU MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR, RELATIF AUX HARAS.

(Séance du 21 mars 1822.)

Messieurs,

L'orateur qui à parlé le premier sur les haras ,ne m'a pas paru en connaître assez l'importance et la nécessité.

Les chevaux sont la première richesse mobilière d’une nation agricole et militaire ; car ils servent à la fois aux besoins des parüculiers et à la défense de l'Etat; et, s’il y avait une partie d'administration à mettre en direction générale, je crois que c’étaient les baras.

La comparaison que l’orateur a voulu établir entre l'élève des chevaux et celle des mérinos, est tout à fait inadmissible.

Chezun peuple dont tout le territoire est cultivé, et où la nature ne fait pas naître de chevaux dans les forêts, il n’y a que deux manières de les élever: l’industrie particulière ou les soins du gouvernement.

Partout où les princes ou les particuliers ont d'immenses fortunes territoriales, ils enretiennent, comme propriétaires, des haras, par goût plutôt que comme spéculation. C’est ainsi en Angleterre, en Allemagne, en Pologne, en Espagne. En France, il n’y a jamais eu pour cela assez de goût, ni d'assez grandes fortunes ; il y a donc toujours eu des haras royaux, et quelques étalons chez des particuliers.

L'organisalion actuelle, que je crois la

meilleure, réunit ces deux modes ;-les étalons sont à l'Etat, qui seul peut tirer de l'étranger un assez grand nombre de beaux étalons nécessaires pour améliorer la race indigène par les croisements ; les juments appartiennent aux particuliers, qui s’en servent pour leurs travaux : car les haras principaux où il y a des juments appartenant à l'Etat, ne servent qu’à la reproduction des étalons.

On vous a prouvé hier que les étalons entretenus aux frais de l'Etat lui coûtaient 45 sous par jour, y compris les frais de l’administration. Je doute qu'un particulier püût nourrir et soigner un étalon pour le même prix, et l'entretien des chevaux dans les haras comme dans les régiments de cavalerie est porté à un degré d'économie qu'on n’obtient pas dans les maisons particulières.

Mais les particuliers n’élèvent des chevaux qu'autant qu'ils sont assurés de les vendre, et la vente est en tout le premier et l'unique moyen de reproduction.

Les chevaux de trait se vendent avec bien plus de facilité que les chevaux de selle, parce que le roulage et la navigation intérieure qui favorisent la consommation des premiers, nuisent à celle des autres, et qu'on est moins disposé à monter à cheval quand on peut être voituré plus commodément, et

à moins de frais, par terre ou par eau. La con-

sommation des chevaux de selle a diminué encore avec les fortunes; ce genre de luxe a diminué aussi, et même aujourd’hui à Paris, on ne veut avoir que des chevaux à deux fins, qui aillent au cabriolet et à la selle, et ne sont jamais d’un grand prix, ni pour la selle d’un service agréable.

Il n’y a donc aujourd'hui, en France, qu’un grand consommateur de chevaux de selle, c’est le ministre de la guerre. J'avais, à la séance du 20 juin {session de 1819), proposé que le ministre de la guerre n’achetât plus pour ses remontes que des chevaux français plus chers que ceux du Nord, mais qui du-

rent trois ou quatre ans de plus. M. de Latour-

Maubourg accueillit mes observations. Il fallait pour cela augmenter la prime et changer le mode des remontes. Je ne sais si on l’a fait, mais j'entends parler de nouveaux marchés passés pour des chevaux étrangers, ‘et ces marchés, passant par la filière des traitants et des sous-traitants, ne laissent arriver qu'une faible portion de prix aux propriétaires, qui ne peuvent fournir que des chevaux médiocres. J'ose assurer avec quelque connaissance des choses, qu’il y a en France assez de chevaux pour remonter la cavalerie si l’on veut prendre la peine de les chercher ; “mais si l’on s'obstine à vouloir toujours se pourvoir à l’étranger, on y fait passer beaucoup d'argent, on est mal servi et on perd les haras.

En France, à peine une institution a-t-elle commencé qu’on voudrait en recueillir tous les fruits. Les Maures ont mis,en Espagne, plusieurs siècles à perfectionner la race des chevaux andalous; il y a à peine quelques années que nos haras sont établis, et déjà

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