‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 240 sur 306 · QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LE BUDGET DE · texte numérisé non relu

QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LE BUDGET DE

On peut parler d'économie à la tribune, et c'est à la fois une vue d'utilité publique, dont les honnêtes gens se font un devoir, el un moyen de popularité dont les factieux se font une ressource; mais il est bon de se demander, dans le silence du cabinet, si dans l’état présent des sociétés les réductions de dépenses sont possibles, ou plutôt si leur augmentation annuelle n’est pas inévitable.

Cette proposition est dure, je le sens, mais la société n’est plus à l’âge des ïllusions, et ceux qui la gouvernent savent avoir le courage de regarder en face les maux publics, même lorsqu'ils sont sans remède.

Trois causes puissantes agissent en raison qu'on peut appeler composée, pour augmenter sans fin et sans mesures les dépenses publiques. Le progrès toujours croissante la population ; la révolution et les désordres

qu’elle nous a laissés; la mobilisation de 1a fortune publique et privée, ou la conversion des dotations ou propriétés territoriales de beaucoup d'institutions publiques et de fortunes privées , salaires ou appointements sur le trésor royal.

Ces trois faits sont incontestables; et quant à celui du progrès de la population qui ne peut être bien connu que du gouvernement, ce progrès résulte de la population elle-même qui, parvenue à une quantité élevée, et débarrassée des obstacles que les mœurs et les lois opposent à la rapidité de son accroissement, croît en raison géométrique dans une progression dont le dernier terme est indéfini; ainsi la population s'élève rapidement aux deux points extrêmes de l’état social, et dans un pays naissant comme l’Amérique, où il y a beaucoup de travail agricole, et dans un Etat avancé

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