PART. II. POLITIQUE. — DISCOURS A L'OUV. DU COLL. ELECT. DE L'AVEYRON
pays, où la chambre des communes a souvent exercé des fonctions judiciaires, vous avez préféré de recourir aux chambres législatives , à qui, par notre constitution, toutes fonctions de ce genre sont sévèrement interdites. Mais devant un tribunal il y à jugement sans éclat et sans scandale, car les parties ou leurs avocats peuvent renfermer la défense dans les bornes les plus étroites ; au lieu qu’à une chambre politique, où les orateurs tout à fait indépendants des parties, ne prennent conseil que d'eux-mêmes, il y a éclat ou même scandale, sans jugement, et les débats diffament et compromettent les parties, sans pouvoir prononcer sur les faits. Père de famille moimême, et pénétré du respect que l’on doit à ses enfants, même quand ils oublieraient celui qu’ils doivent à leurs parents, j'ai été vivement frappé de la fausse position, où vous avez placé, vous, Monsieur, Mlle votre fille et nous-mêmes, membres de la chambre des députés; j’en ai vu les plus estimables de vos compatriotes aussi frappés que moimême, et je m’estimerais très-heureux, si je pouvais vous sauver du premier mouvement d'irritation, qui peut vous laisser, et à Mlle votre fille de longs regrets. Je suis, etc.