DISCOURS A L'OUVERTURE DU COLLÉGE ÉLECTORAL DE L'AVEYRON
Le roi a voulu par la loi fondamentale qu'il nous a donnée, associer le peuple à sa haute prérogative et se dépouiller en sa faveur d’une portion de son pouvoir législatif. Mais cette concession n'eût été qu'un présent funeste, si le peuple, méconnaissant les vues paternelles de son souverain, n’appelait à l’exercice de cette fonction vraimentroyale des hommes éprouvés par leur fidélité auroi ,connus par la fermeté de leurs principes religieux et politiques, par l'honorable sagesse deleurconduite dans les temps difficiles; des hommes indépendants par leur position et leur caracière, capables d'éclairer les décisions de l’autorité, de défendre les droits de laroyauté, et les légitimes intérêts des peuples.
Telles ne sont pas, Messieurs, les intentions de S. M. Telle n’est pas son attente.
La connaissance que le gouvernement acquiert de plus en plus de la direction qui, partout se montre dans l’opinion publique, ne lui permet pas de craindre que l'esprit de révolution et de désordre puisse encore égarer les suffrages des électeurs; tout annonce que
pénétrés désormais de leurs véritables intérêts, des besoins de la France, des bienfaits de la puissance royale pour l’affermissement de nos institutions, de nos libertés, ils repousseront les efforts que pourraient suggérer de coupables projets ou de dangereuses doctrines. De coupables projets ou de dangereuses doctrines! Ce sont Jà en effet les dangers de la France et les écueils contre lesquels sont venues échouer les intentions paternelles du roi, et les efforts des plus zélés partisans de la royauté. Vous les avez entendues dans la déplorable histoire de nos débats législatifs, ces dangereuses doctrines qui promènent dans toute l’Europe les fléaux des révolutions. Vous les avez connus les coupables projets de ces hommes qu'aucune expérience ne peut corriger, qu'aucun bienfait ne peut gagner, qu'aucune considération de morale ou d'humanité ne peut arrêter, qui depuis si longtemps sèment la calomnie et la haine, enflamment les passions de lajeunesse, abusent de la crédulité des peuples, tentent la fidélité des soldats, et toujours protestant de leur respect pour les
lois, de leur attachement à nos institutions et aux libertés publiques, corrompent les lois, dénaturent les institutions et compromettent toutes les libertés.
C’est donc à vous à compléter, Messieurs, si j'ose le dire, par le choix que vousallez faire, l'œuvre du suprême législateur; à vous à la rendre un véritable bienfait pour les peuples ; à vous enfin, à donner à la France des députés dignes d'elle, à vos concitoyens des organes dignes d’eux, au roi des coopérateurs dignes de lui. Vous remplirez, Messieurs, cette noble mission ; vous ne resterez pas au-dessous de l’espoir que le roi a mis en votre amour pour lui, ni de l'opinion que la France s’est formée de votre sagesse. |
Et quels motifs plus puissants, Messieurs, pourrais-je offrir à votre raison, que l'intérêt de votre patrie et celuide l’Europe elle-même ; à vos cœurs, que votre affection pour le roi, pour son auguste famille, pour ce jeune héritier du trône miraculeusement donné, miraculeusement conservé, et à qui nous devons,
en reconnaissance, aplanir les voies difficiles de la royauté, en lui formant par notre exempleun peuple qu’ilsoit heureux de gouverner, et en donnant à la France, par notre coopération, des lois auxquelles lui-même un jour s’honore d’obéir ?
Et sià ces motifs d’un intérêt si général et si puissant, je pouvais en ajouter qui vous sont personnels, je vous rappellerais la diminution d'impôts dont vousêtes, cette année, redevables à la sollicitude paternelle des. M. Plus soulagé qu'aucun autre, le département de l'Aveyron doit, plus qu'un autre, être reconnaissant envers le roi, qui au bienfait d'un dégrèvement considérable a daigné joindre l'assurance que l'Eglise épiscopale de Rodez, le plus bel ornement de cette province, précieux et dernier monument de nos antiquités, ne serait pas pluslongtemps veuve de son chef, et qui nous a fait, en quelque sorte, jouir à l'avance de cette faveur si désirée, par le choix du digne et vertueux prélat qu’il nous a donné.
RAPPORT
SUR LE PROJET DE LQI POUR LE RÉTABLISSEMENT DU SIÉGE ÉPISCOPAL DE RHODEZ.
(Séance du 8 avril, 1823.)
Messieurs, le département de l'Aveyron, le second ou le troisième en étendue de toute la France, réclamait depuis longtemps le rétablissement du siége épiscopal de Rhodez, un des plus anciens de l'Eglise gallicane, agrandi dans ces derniers temps du diocèse de Vabres, compris tout entier dans le même département, et distrait au xiv° siècle de celui de Rhodez.
Tous les établissements accessoires du siége épiscopal, et qui lui sont nécessaires, palais épiscopal, cathédrale, séminaire, y avaient été conservés, et tout y appelait, tout y rendait facile et surtout nécessaire le rétablissement du siége épiscopal. L'administration du diocèse de Rhodez avait été placée à Cahors, déjà chef-lieu d’un vaste département et d’un grand diocèse; et l'évêque de cette ville, éloigné de Rhodez par les distances et plus encore par les difficultés des communications, ne pouvait exercer, sur les affaires ecclésiastiques du département de l'Aveyron, qu'une surveillance insuffisante et leur imprimer qu'une direction tardive,
Le gouvernement, d'accord avec le Saint- Siége, a donc rendu à Rhodez son siége épiscopal, et la première mesure soumise en conséquence aux délibérations du conseil général du département de l'Aveyron a été l'établissement du digne prélat qui lui a été donné.
L'ancien palais épiscopal de Rhodez, aujourd’hui hôtel de la préfecture, construit sans aucun luxe, consiste en un corps de logis simple, qui n’a qu’un premier étage, sans second étage ni rez-de-chaussée habitables. Assez vaste en cour et jardin, il a toujours été exigu et même peu commode comme maison d'habitation, et pour un évêque, et plus encore pour un préfet et sa famille.
La raison qui, indépendamment de sa destination primitive, devait le faire préférer pour y replacer l’évêque, était la proximité de la cathédrale d’un côté et du séminaire de l’autre, circonstance indifférente pour un préfet, précieuse et même indispensable pour un évêque.
Le conseil général a donc délibéré d'y re-
placer l'évêché et de voter, sous l’autorisation du roi et des chambres, les fonds nécessaires pour l'acquisition et la réparation des bâtiments nécessaires pour établir la préfecture. On a offert de lui vendre à un prix raisonnable, même pour la ville peu populeuse où il est placé, un hôtel qui ne demande que des arrangements intérieurs, d’une construction sohde et peu ancienne, d'une ordonnance régulière, placé au centre de la ville, avec cour et jardin, suflisant pour la représentation que la place exige, et beaucoup plus vaste et plus commode que la maison épiscopale, pour l'habitation du maître et de sa famille.
Cet hôtel sera agrandi, s’il est nécessaire, par l’acquisition d’une ou deux maisons attenantes de moins de valeur, où l’on établirait les bureaux et les archives, que peut-être on trouvera le moyen de placer dans l’hôtel même de la préfecture. :
La préfecture sera donc très-décemment et très-convenablement placée dans cet hôtel, et s'est tout ce qu’il faut dans un pays pauvre,