‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 277 sur 306 · DISCOURS A L'OUVERTURE DU COLLÉGE ÉLECTORAL DE L'AVEYRON · texte numérisé non relu

DISCOURS A L'OUVERTURE DU COLLÉGE ÉLECTORAL DE L'AVEYRON

Messieurs,

C’estdansles conjonctures les plus heureuses où la monarchie française se soit trouvée depuis sa restauration; c’est au milieu des prodiges de ses armes, des miracles du crédit public; lorsquelareligionrentre dans ses antiques métropoles, dont elle avait été si longtemps privée; c’est enfin sous les auspices de toutes les victoires remportées sur les armes, sur les calamités, sur les ductrines de la révolution, que notre monarque bien-aimé vient demander à ses fidèles sujets une nouvelle preuve de leur amour de leur fidélité, de leur reconnaissance. |

Vous le savez, Messieurs, une modification à la durée des fonctions législatives a été l’ocvasion de cette convocation extraordinaire. Il ne nous appartient pas de rien préjuger sur une question qui sera l’objet des délibérations des deux chambres; mais nous devons faire remarquer que, tel est le respect du monarque pour les libertés politiques de ses peuples et pour les institutions qu’il leur a données, qu’il n'a pas hésité à faire le sacrifice d’une chambre qui avait si bien mérité de son souverain et de son pays, pour consulter le vœu des peuples par une réélection générale de députés libres dans leurs discussions, libres

dans leurs votes, indépendants de tout mandat, comme de toute influence.

L'assemblée que j'ai l'honneur de présider ne sera pas la dernière à comprendre tout ce qu’il y a de paternel et de généreux dans la pensée du monarque, elle répondra à ce noble appel comme elle y a toujours répondu, comme le département tout entier y a toutà l'heure répondu dans ses arrondissements, en envoyant des hommes d’une conduiteirréprachable, d'une fidélité éprouvée; des hommes religieux et monarchiques, qui jugeront avec le sens droit etle calme d’esprit, qui caractérisent les habitants de cette contrée, si une plus longue durée de fonctions législatives et des élections moins fréquentes peuvent donner aux institutions plus de stabilité, refroidir les . passions, décourager l’espritde faction, et débarrasser de beaucoup d'obstacles la marche d’une administration qui, dans un court espace de temps, a fait de grandes choses et obtenu de grands succès.

Ainsi, Messieurs, si une lutte opiniâtre et continuelle, et des complots sans cesse renaissants avaient Jusqu'ici demandé tous les ans de nouveaux renforts, les succès obtenus permettent au gouvernement de soulager la fidè-

le milice électorale d’un service trop répété; et la monarchie, campée jusqu’à présent sur le champ de bataille, peut, si j'ose le dire, prendre ses quartiers et s'établir dansle pays qu’elle à conquis.

Déjà, Messieurs, vous avez vu les présages de cet heureux changement dans les élections qui ont précédé celles que vous allez faire.

Partout la royauté l'emporte, et ses ennemis, battus sur tous les points, n’ont d'espoir que dans notre désunion. Vous ne leur laisserez pas cet espoir, Messieurs; vous savez trop quelles doctrines, quels crimes, quels égarements avaient livré notre patrie à toute la violence des orages politiques; quels bienfaits de la Providence ont mis fin à nos malheurs; quels hommes pourraient nous y exposer de nouveau; quelle fermeté de principes, quelle union de vues et de sentiments sont désormais nécessaires à l’affermissement de la monarchie, à la paix des familles, au bonheur de la France: le gouvernement ne peut donc que s'en rapporter à de telles inspirations, à votre zèle, à vos lumières, à votre dévouement. Æ

Vous ne tromperez pas sa confiance ; il m'est

doux de pouvoir le lui garantir au moment où

je remplis au milieu de vous, Messieurs, et sans doute pour la dernière fois, les fonctions auxquelles le roi a daigné m'appeler. Comblé de vos bontés, et à toutes les élections, honoré de vos suffrages, je remets en vos mains les pouvoirs que je tenais de vous; heureux si vous daignez reconnaître que j'ai rempli à votre satisfactionles fonctions quevonsm'aviez confiées, et que dans les circonstances les

plus difficiles, j'ai soutenu l'honneur de mon département, lesintérêts de la religion et ceux de la royauté.

Votre approbation est la seule récompense que j'ai ambitionnée ; le roi adaigné en ajouter d’autresen m'appelant à de plus hautes fonctions ; maiselles m’interdisent à l'avenir l’honneur d’être votre député; je ne me regarderai pas moins comme votre mandataire et le défenseur de vos droits, et mes concitoyens trouveront en moi le même dévouement à leurs intérêts et le même amour pour notre commune patrie.

Le temps viendra où nous nous rallierons tous à la cause sacrée de la légitimité. Ceux dont le temps et les événements n’ont pu encore dissiper les préventions ou calmer lesregrets,sentiront enfin que ceseraitunbientriste héritage à laisser à leurs enfants, que la haine pour un gouvernement affermi sur des droits de tant de siècles et des bienfaits de tous les jours.

Puissent-ils un jour confondre leurs sentiments avec les nôtres dans un même amour pour un roi qui ne s’est proposé que le bonheur de ses peuples et l'honneur de la nation, pour des princes qui préludent aux devoirs de la royauté par des actes journaliers d’une bienfaisance toute royale ; pour le héros qui doit un jour régner sur nos enfants; héros chrétien, modèle accompli de valeur et de vertu, avant d'être roi, vengeur de la royauté et libérateur des peuples, et dont la glorieuse entreprise sera la plus belle page de notre histoirel Vive le roil

OPINION

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