‹ Œuvres completes de M. de BonaldChapitre 31 sur 306 · PARTS · texte numérisé non relu

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avait d’art et de combinaison, pas plus dans la guerre que dans le crime;il n'en fallait pas plus pour repousser l’ennemni ou juger le malfaiteur : tous les membres de la société pouvaient être juges et guerriers. On jugeait par jury, on armait par conscription, institution de l’enfance, que l’ignorance des modernes publicistes a tenté d’acpliquer à l’âge avancé de la société.

Comme ces fonctions étaient passagères, ainsi que les causes qui en provoquaient l'exercice, le pouvoir lui-même était viager;

cependant, et dès les temps les plus anciens,

Ja reconnaissance des peuples, pour l'homme qui les avait défendus ou éclairés, et plus encore le bon sens nature: de ces hommes simples, qui leur faisait sentir les inconvénients d'un choix, ou les dangers d’une usurpation, leur inspirèrent la grande idée de l’hérédité du pouvoir; et nous voyons dans les premiers temps, des familles de rois; et même plus sages, et au fond plus éclairés que nos sophistes, ces peuples croyaient leurs rois issus des dieux, et c'était sous celte image matérielle que la nature présentait à des esprits grossiers la grande vérité de l'origine divine du pouvoir.

Je ne parle pas des Grecs, si vantés parmi nous, et de leur vivant si méprisés de leurs contemporains; jé ne parlerai pas de leurs turbulentes institutions; «enfin » ditBossuel, « ia Grèce en était charmée : » ce qui prouve le peu de cas qu’en faisait l'esprit judicieux de ce premier de nos écrivains, même politiques. La Grèce politique est tout entière dans deux peuples monarchiques, Sparte et les Macédoniens. Je vois dans Île reste les progrès des arts et la dégradation de l’état social, l’homme sur la toile ou sur le mar-

: ‘bre, l’enfant dans la société.

Rome d’abord constituée par des rois; plus tard monarchie acéphale, sous son patriciat, et bientôt orageuse démocratie sous ses tribuns; Rome retint toujours, au fond de sa constitution, le principe monarchique qui lui avait donné naissance. Ce principe monarchique en sortait, dans la dictature, pour les grands besoins et les extrêmes

dangers, et Rome retenait ainsi, avec la force de conservation propre à la monarchie,

ce qu’elle avait conquis par le principe

d'agression, particulier à la démocratie.

(1) Les Romains appelaient magister equitum, maitre de la cavalerie, le premier lieutenant de leur voi temporaire, le dictateur; le connétable, lieute-

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