ECONOM. SOC. — SUR LES ENFANTS TROUVES
tence politique et reconnue par la loi, est constituée par l'acte civil et la puissance de la ioi qui garantissent l'association des intérèts.
La société conjugale ou l’union indisseluble des esprits et des cœurs, est consacrée par le sceau que la religion y appose.
Ainsi, et Je prie le lecteur de faire une attention sérieuse à ce développement, ainsi, dans l'union des sexes, faite sans le consentement des parties ou celui de leurs parents, que ce défaut de consentement soit l'ouvrage de la séduction ou de l'ignorance, il n’y a ni mariage, ni famille, ni société, et pas plus aux yeux de la religion qu’à ceux de la politique. ;
Si ce défaut de consentement des paities est porté jusqu’à produire la violence physique, il y a viol, crime énorme, surtout le viol de l'enfance , parce qu'il est l’extréme oppression (1) de l'extrême faiblesse ; crime le plus grand peut-être que l'homme puisse commettre contre son, semblable dans l’état de civilisation, où, comme nous l'avons dit, l’homme fait la guerre à la femme, et crime que la faiblesse, sur ce point, de nos lois criminelles a rendu si fréquent.
Ainsi l’union volontaire des parties, sans acte civil ni benédiction religieuse, est le concubinage réprouvé par les lois divines et humaines, mariage illégal et illégitime, quoique naturel, qui, même avec la survenance des enfants, ne constitue pas plus une famille aux yeux de l'Etat, qu’une société aux yeux de la religion.
Ainsi, dans l’union volontaire des parties consacrée par la religion seulement , et non légalisée par l'acte civil, il y a mariage, il y a société; mais dans le système actuel de notre législation, l'Etat n’y reconnaît pas une famille.
Ainsi, dans l'union volontaire des parties légalisée par l'acte civil, mais non consacrée par la religion, il y a mariage, il y'a famille ; mais la religion n’y reconnaît pas une s0ciété. Aussi, partout où de faibles et de fausses doctrines ont rejeté la nécessité légale de la bénédiction religieuse, il y a, la France exceptée, faculté légale de divorce, et, par conséquent, association temporaire plutôt que véritable société, dont le premier caractère est l’indissolubilité; et, quoiqu'il y ait
gieuse, La proposition seule lui ferait honneur ; et il est toujours glorieux de combattre, même lorsqu n’est pas assuré de la victoire.
(1) Les Latins disent : opprimere virginem.
D ONNTTe
famille reconnue par le pouvoir civil, le vœu même de la loi pour lexistence et le bonheur de Ja famille est trompé, puisqu’en cas de divorce les enfants sont abandonnés de l’un ou de l’autre de ceux qui leur ont donné le jour, et que, par conséquent, leur
éducation et leur bien-être moral ou physi-
que sont compromis.
Il est facile de répondre à ceux qui aceusent la religion d’avoir dans notre ancienne législation, usurpé à elle seule la juridiction du pouvoir civil sur le mariage.
. La publication des bans maintenue par la révolution même à l'église, même avec l’excommunication prononcée contrée les déclarations mensongères ou malicieuses , la publication des bans était et est encore l'acte par lequel le pouvoir civil, se servant, pour plus de solennité, des ministres du culte le jour qui lui est plus spécialement consacré, dénonce aux familles déjà en possession de
l’état politique, que tel et telle se proposent de former une nouvelle famille, et, par conséquent, d'entrer en partage avec les anciennes des avantages que la loi leur assure ; et il leur demande s’il n'en résulte pas pour elles quelque dommage, soit à cause d’engagements antérieurs qu’une des parties pourrait avoir contractés envers elles, soit par le préjudice que causerait à des créanciers plus anciens l’hypothèque que la femme prend pour sa dot sur les biens de son mari, débiteur envers eux. Et ici remarquez que le prêtre n’était que le ministre du pouvoir civil, et que ce pouvoir civil prenait le pas sur l'autorité ecclésiastique, puisque le prêtre ne pouvait pas procéder à la bénédiction du mariage avant de s'être assuré qu'il n’y avait pas opposition, ou d’avoir dénoncé au procureur du roi, pour les faire lever, celles qui lui étaient signifiées,.