A DON DIÈGUE DE GUSM AN ETCÉPEDE, SON NEVEU
Elle le console sur la mort de sa femmt.
La grâce de l'Esprit-Saint soit avec vous, Monsieur et cher neveu, et vous donne la consolation dont vous avez besoin , pour vous faire supporter avec constance ce que nous regardons aujourd'hui comme une trèsgrande perte. Dieu, qui l'a ainsi permis et qui nous aime plus que nous ne nous aimons nous-mêmes, amènera le temps où nous connaîtrons que c'était au contraire la plus grande grâce qu'il pouvait faire à ma cousine et nièce , et à tous ceux qui lui étaient attachés, puisqu'il ne l'a retirée de cette vie que pour passer à une meilleure.
Ne vous affligez point, mon cher neveu, sur ce qu'il vous semble que vous ayez encore longtemps à demeurer sur la terre : ce qui finit sitôt est toujours court. Considérez plutôt que ce temps qui vous reste à passer sans cette chère compagne, n'est qu'un moment, et mettez tout entre les mains de Dieu, qui disposera toutes choses ppur votre
plus grand avantage. Ce qui doil le plus nous consoler, c'est que tua cousine a fait une fin qui ne nous permet pas de douter qu'elle ne vive actuellement pour ne plus mourir. Croyez que, si vous la perdez pour cette vie, elle vous sera d'un bien plus grand secours dans l'autre, où elle priera Dieu pour vous et pour vos enfants. Puisse-t-il exaucer les ferventes prières que nous lui adressons à cette occasion, et vous donner la grâce de vous conformer en tout à sa sainte volonté, avec les lumières nécessaires pour bien comprendre combien peu durent les plaisirs et les peines de ce monde! Je suis avec toute la tendresse possible, etc. Année incertaine.
Elle console un mari de la mort de sa femme.
La grâce du Saint-Esprit soit avec vous, Monsieur, et vous donne la force de l'esprit el du corps dont vous avez besoin pour soutenir un aussi grand coup que celui que vous venez de recevoir. Je suis si touchée de votre état, que, si je ne savais pas que ce coup part d'une main miséricordieuse et infiniment juste , je n'entreprendrais assurément pas de vous consoler. Mais je connais l'amour sincère que Dieu nous porte; je sais d'ailleurs que vous êtes persuadé de la misère et du peu de stabilité de cette malheureuse vie. C'est ce qui me fait espérer que
Dieu vous éclaire a de pluTen plus, et que vous concevrez la grâce singulière qu'il l'ait à ceux qui ont le bonheur de le connaître lorsqu'il les retire de ce monde. 11 ne vous est même pas permis de douter, suivant les lumières de la foi, que cette sainte âme ne Jsoit actuellement dans un lieu de repos, où elle reçoit la récompense des longs travaux qu'elle a éprouvés dans cette vie, et qu'elle a supportés avec tant de patience.
Je n'ai pas laissé cependant de bien prier pour elle, et nos sœurs en ont fait autant à ma recommandation. Nous avons aussi supplié la divine miséricorde de vous donner la consolation et la santé, qui vous sont nécessaires pour vous mettre en état de lutter de nouveau contre les tribulations de cette vie. Bienheureux ceux qui en sont délivrés pour jamais. La circonstance ne me permet pas de vous en dire davantage ; je ferai beaucoup mieux de redoubler mes vœux au Seigneur pour qu'il se charge de vous consoler luimême. Dans une affliction aussi excessive, vous ne devez rien attendre des créatures, et surtout d'une misérable pécheresse telle que je le suis. Que le Tout-Puissant soit donc votre refuge, et qu'il vous tienne désormais compagnie, de manière que vous ne trouviez point à regretter celle que vous avez perdue. C'est ce que souhaite ardemment, Monsieur, votre indigne et très-soumise servante,
Thérèse de Jésus.
Année incertaine.
CINQUIEME PARTIF.