‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 131 sur 454 · POUR LE DIMANCHE · texte numérisé non relu

POUR LE DIMANCHE

Délivrez- notts du mut.

Nous ne demandons pas è Dieu, par la septième demande, qu'il nous délivre de tel ou tel mal, mais de tout ce qui est proprement et véritablement mal, C'est-à-dire de tout ce qui peut nous priver des biens de la grâce, et mettre obstacle à notre salut.

Il y a des maux qui nous affligent réellement, comme les tentations, les maladies, les affronts» etc. Ce ne sont pourtant pas là des maux à proprement parler, si ce n'est en ce qu'ils nous donnent occasion de pécher; et dans ce point de vue, les richesses, les honneurs, et tous les biens temporels pourraient, à juste litre, être comptés au nombre des maux, puisqu'ils sont souvent cause que nous offensons Dieu. Or nous demandons ici d'être délivrés, non-seulement de tous ces maux, mais aussi de tous ces biens qui peuvent occasionner notre réprobation; et comme c'est au Juge suprême qu'il appartient d'accorder une pareille délivrance, le nom de juge convient fort bien à notre demande.

La matière de celte demande est très-abondante, puisqu'elle embrasse les quatre fins de l'homme sur lesquelles on a tant écrit, savoir : la mort, le jugement dernier, les peines de l'enfer, et la félicité du paradis.

On peut reprendre ici toutes les considérations des demandes précédentes, eu égard au compte que nous devons à Dieu de tous les bienfaits qu'emportent avec eux les noms glorieux sous lesquels nous l'avons successivement envisagé. Nous devons considérer ces bienfaits, tantôt pour nous couvrir de confusion, tantôt pour exciter en nous la confiance. En effet, quelle honte n'y a-t-il pas pour nous, qui avons le bonheur d'avoir un père si tendre, un roi si puissant, un époux si aimable, un pasteur si vigilant, un rédempteur si riche et si miséricordieux, un médecin si habile et si compatissant ; d'être néanmoins aussi ingrats que nous le sommes, et de savoir si mal profiter de nos avantages! De quelle crainte ne devons-nous pas être saisis à la vue de tant de bienfaits de la part de Dieu, et de tant d'ingratitude et de dureté de notre part 1 Mais aussi quelle doit être notre confiance en comparaissant au tribunal suprême, d'avoir à répondre devant un juge qui est en mêmeteuaps notre père, notre roi, notre époux et tout le reste I

On peut terminer cette journée et l'Oraison dominicale par l'action de grâces que le prophète David rend à Dieu dans les cinq premiers versets du psaume c.i\,Benedic, anima mea , Domino : et omnia quœ intra me sunt, etc. Les voici :

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