mon âme! bénissez te Seigneur, et que
tout ce qui est au dedans de moi célèbre son saint nom.
2. O mon âme! bénissez le Seigneur. Ne perdez jamais le souvenir de ses grâces et de ses bienfaits.
3. Cest lui qui vous remet tous vos péchés, ci qui guérit toutes vos langueurs.
'*. C'est lui qui vous délivre de la mort, et qui vous environne de toutes parts des effets de sa miséricorde.
o. C'est lui qui remplit tous vos désirs en vous comblant de ses biens, et qui vous renouvelle et vous rajeunit comme l'aigle.
C'est-à-dire que Dieu, ouvrant pour nous les trésors de sa miséricorde, oppose à nos offenses le pardon, à nos maladies la santé, à la mort du péché la vie de la grâce, à nos défauts et à nos imperfections la perfection en toutes choses, et ne cesse de nous favoriser jusqu'à ce qu'il nous ait fait parvenir à une vie nouvelle, qui est au-dessus de toute comparaison.
11 semble que le Psalmiste ait voulu renfermer dans ces cinq versets les sept noms que nous venons de donner à Dieu; c'est ce qu'on reconnaîtra en faisant une attention particulière sur chaque verset.
Au reste, quoiqu'il soit exactement vrai que l'Oraison dominicale tient le premier rang entre toutes les oraisons vocales, il ne faut pas pour cela négliger les autres, parce que, si l'on s'en tenait à celle-ci, on courrait risque de tomber dans le dégoût. On fera donc très-bien d'en réciter d'autres, et par préférence celles que l'Ecriture sainte nous a transmises, qui ont été faites par de saintes âmes inspirées de l'esprit de Dieu. Telles sont, par exemple, celle du publicain de l'Evangile, celle d'Anne, mère de Samuel, celle d'Esther, celle de Judith, celle du roi Manassès, celle de Daniel et de Judas Màchabée. Nous remarquons dans ces prières que ceux qui les ont faites exposaient à Dieu leurs besoins avec des paroles dictées par le sentiment et par l'état actuel de leur aine* Et certainement la prière que fait la personne même qui se trouve dans la détresse est toujours plus efficace; elle élève l'esprit', elle enflamme la volonté, elle provoque les larmes ; parce qu'alors les paroles partent du cœur qui exprime sa propre peine.
Cette sorte d'oraison est aussi fort agréable à Dieu; car de même que les grands seigneurs prennent plaisir quelquefois à entendre les gens de la campagne leur demander des grâces dans leur langage simple et grossier, de même le Seigneur est bien aise que nous le priions de l'abondance du cœur, et qu'au lieu de perdre du temps à chercher des expressions élégantes, nous nous servions des premières qui nous viennent à In bouche pour lui déclarer en peu de mots nos nécessités. Telle fut la prière de saint Pierre et des apôtres, lorsque, craignantde se noyer, ils criaient : Sauvez-nous, Seigneur, nous périssons. (Matth. vin, 25.) Telle fut celle de la Chananéenne, lorsqu'elle demandait miséricorde. Telle fut celle de l'enfant prodigue, qui disait à son père : Mon père , j'ai péché
OELVRES COMPLETES DE M. EMEUT xv, 18)
contre le Ciel et contre vous. (Luc.
Tellefutcelle de la mère de Samuel, qui s'écriait : 0 Dieu des batailles ! si, tournant vos yeux sur moi , vous daigne; voir iafjliclion de votre servante; si vous daignez vous souvenir de moi, et ne point oublier votre esclave ; et si vous donnez à mon âme une vertu ]iarfaite,je m'engage à l'employer tout entière à votre service! (1 Reg. i, 11.)
La sainte Ecriture est pleine de ces prières vocales par lesquelles ceux qui les ont faites ont obtenu ce qu'ils ont demandé. Ainsi, il y a tout lieu d'espérer que nous obtiendrons par les nôtres les remèdes convenables à nos afflictions et a nos souffrances. Et, quoique ce soit un très-saint conseil de préférer l'oraison mentale à la vocale, comme plus efficace, les exemples de plusieurs saints, et notre propre expérience, nous apprennent que du moins dans l'oraison vocale Dieu réveille notre tiédeur, enflamme notre cœur et le dispose à mieux faire l'oraison mentale.