VIII' EXCLAMATION
Prières pour les pécheurs qui sont tellement aveugles, que même ils ne veulent pas voir.
O Seigneur, mon Dieu ! vos paroles sont des paroles de vie où les hommes trouveraient l'accomplissement de leurs souhaits s'ils y cherchaient ce qu'ils désirent. Mais, Seigneur, faut-il s'étonner que, dans cet état de folie et de langueur où nous réduisent nos mauvaises actions, nous oubliions vos saintes paroles? O Dieu, créateur de l'univers, grand Dieu! que serait tout ce que vous avez créé s'il vous avait plu d'en créer davantage? Vous êtes tout-puissant, et vos œuvres sont incompréhensibles : faites donc, ô mon Dieu! que vos paroles ne s'effacent jamais de ma mémoire ! Vous avez dit : Venez à moi, vous tous qui êtes accables de travail et de peine, je vous soulagerai. (Matth. xi, 28.) Que désirons-nous de plus, 6 mon Dieu ! que demandons-nous et que cherchons-nous?
Pourquoi se perdent tous ceux qui se perdent dans le monde, sinon pour rechercher leur soulagement et leur repos?
O mon Dieu! faites - moi miséricorde!
Quelle misère, Seigneur, quel aveuglement que de chercher ainsi le repos où il est impossible de le trouver? Ayez compassion, ô mon Créateur ! de vos créatures ; considérez que nous ne nous entendons pas nousmêmes, que nous ne savons ce que nous voulons, et que nous nous éloignons infiniment de ce que nous désirons. Donnez-nous la lumière, ô mon Dieu ! considérez qu'elle nous est plus nécessaire qu'elle n'était à l'aveugle-né; car, ne pouvant voir, il désirait voir; mais nous sommes aveugles, et nous voulons l'être : quel mal fut jamais si incurable? C'est ici, mon Dieu, que vous devez témoigner votre souveraine puissance : c'est ici que vous devez faire paraître votre infinie miséricorde.
Dieu de mon cœur, seul Dieu véritable, combien grande est la demande que je vous fais, lorsque je vous demande d'aimer ceux qui ne vous aiment point; d'ouvrir à ceux qui ne frappent point à voire divine porte, et de guérir ceux qui non-seulement pren-
nent plaisir à être malades, mais qui travaillent même à entretenir et à augmenter leurs maladies! Vous dites, mon Dieu, que vous êtes venu sur la terre chercher les pécheurs : ce sont la, Seigneur, les véritables pécheurs. Ne considérez pas notre aveuglement, considérez seulement les ruisseaux de sang que votre Fils a répandu pour notre salut; faites éclater votre clémence au milieu de ces épaisses ténèbres où nous a plongés notre malice; regardez-nous, Seigneur, <-omme I ouvrage de vos mains; sauvez-nous par votre bonté et par votre miséricorde.