‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 169 sur 454 · FONDEMENT DES GOUVERNEMENTS · texte numérisé non relu

FONDEMENT DES GOUVERNEMENTS

Fid. serm. , cap. 16.

La religion, la justice, le conseil, les finances sont les quatre colonnes sur lesquelles reposent tous les gouvernements. Renversez ou ébranlez l'une de ces colonnes, tout tombe dans le trouble et dans la confusion : c'est alors surtout qu'il faut recourir à Dieu, et le conjurer de rétablir le calme.

ainsi dire, avec le suffrage de toute la nation ? Que fatu-il maintenant penser de tant de remarques et de critiques qui n'avaient de fondement que celte leçon défectueuse?

Au resle, celte contradiction entre le testament, tel qu'il est imprimé dans les collections, et l'extrait du testament, tel qu'on le lit dans le Baconiana, pourrait se concevoir d'une autre manière : il ne s'agirait que de supposer que Bacon a fait deux testaments : et dans le vrai , les ailleurs du Dictionnaire anglais, traduit par Chauffepié, article Bacon, page 25, supposent dans une note à la marge, qu'il y a eu un premier testament de Bacon différent du dernier : mais ils ne le prouvent pas, cl ne nous apprennent pas la date de ce premier testament. Quoi qu'il en soit, il demeure toujours très-constant que, si Bacon a fait deux testaments, le dernier, qui est le seul qu'on art dû citor, quand il a été question de faire connaître ses derniers sentiments, ne dit point qu'il recommande sa mémoire à ses compatriotes , quand il se sera passé quelques années, el qu'ainsi tant de remarques et de critiques qui ne portaient que sur ce texle, tombent d'ellesmêmes.

(l)Ce souverain était Charles 1°', monté depuis peu sur le troue.

CHRISTIANISME DE BACON

PERSONNAGES DE 1. ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT, QUI ONT VÉCU LONGTEMPS , ET LEUR CARACTÈRE.

nistoriavitœ et mortis.Londini, 1638, p. 399, 404., ou t. ii, p. 110.

L'Ecriture sainte nous apprend que les hommes, avant le déluge, ont vécu plusieurs centaines d'années; aucun d'eux cependant n'a vécu ;«n delà de mille ans : cette longueur de vie n'était pas l'effet d'une grâce particulière, ou une prérogative de la ligne sainte : car on compte dans ce ttcligneonzegénérations avant le déluge , tandis que dans la ligne des descendants d'Adam par Caïn, on n'en compte que huit ce qui pevut , faire conjecturer que les descendants de Caïn ont vécu plus longtemps que les descendants de Selh. Cette longue vie diminua de moitié, immédiatement après le déluge , mais dans les hommes seulement qui naquirent après cette grande catastrophe; carNoé, qui était né auparavant, a vécu aussi longtemps que ses ancêtres, et Sem est mort à l'âge de sis cents ans ; enfin, trois générations après le déluge, la vie des hommes fut réduite à peu près au quart de ce qu'elle était auparavant, c'est-à-dire à environ deux cents ans. Abraham a vécu cent soixante-quinze ans, personnage véritablement magnanime, et dont toutes les entreprises furent toujours couronnées par le succès. Son fils Isaac parvint jusqu'à l'âge de' cent quatre-vingts ans; la chasteté et le goût pour la vie tranquille forment ce qu'il a de plus remarquable dans son caractère. Jacob, après avoir essuyé beaucoup de traverses et donné au monde un grand nombre d'enfants, poussa sa carrière jusqu'à cent quarante-sept ans. La patience, la douceur, la prudence sont les vertus qu'il fit plus particulièrement éclater dans le cours de sa vie. Ismaël, son frère, homme de guerre, véiut cent trente-sept ans. Sara, la seule femme dont l'Ecriture sainte ait bien voulu nous apprendre les années, est morte âgée de cent vingt-sept ans : femme qui réunit la beauté du corps à la grandeur du courage , trèsbonne mère, très-bonne épouse, et qui sut concilier, à l'égard de son mari, une grande liberté avec une parfaite obéissance. Joseph, personnage vraiment mémorable par sa prudence et sa grande habileté dans le gouvernement, malheureux pendant sa jeunesse, et très-heureux dans le reste de sa vie, a vécu cent dix ans; mais Lévi, son frère aîné, connu dans l'Ecriture sainte par son extrême sensibilité aux injures et son ardeur pour la vengeance , en a vécu cent trente-sept. Le fils et le petit-fils de Lévi, père d'Aaron et de Moïse, sont parvenus au même âge que leur père. Moïse a vécu cent vingt ans. Ce grand homme ne parlait pas facilement ; et quoiqu'il ait eu une fermeté inébranlable , il n'en a pas moins été le plus doux de tous les hommes. Moïse nous apprend dans son psaume que la vie, pour le commun des hommes, était fixée à soixante et dix ans, et à quatre-vingts ans pour les plus robustes, ce qui est encore aujourd'hui à peu près la

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mesure de la vie humaine (1). Aaron , plus âgé de trois ans, mourut la même année que son frère ; il avait plus de facilité à parler et plus de complaisance que Moïse , mais il n'avait pas sa fermeté. Phineès, fils d'Aaron, peut-être par l'effet d'une grâce particulière cl extraordinaire, a vécu jusqu'à trois cents ans , du moins dans la supposition que l'historien sacré ait rapporté, suivant l'ordre des temps, l'expédition des Israélites contre la tribu de Benjamin, expédition au sujet de laquelle il est dit que Phineès fut consulté. Un zèle extraordinaire a rendu la mémoire de Phinècs à jamais célèbre. Josué, homme de guerre, grand et toujours heureux capitaine, a vécu jusqu'à cent dix ans. Caleb , qui était son contemporain, a vécu aussi longtemps quelui. Aod , l'un des juges d'Israël, avait au moins cent ans quand il mourut, puisqu'il est dit qu'après la vicloirequ'il remporta sur les Moabites, la terre sainte , pendant quatre-vingts ans , jouit d'une paix constante sous son gouvernement. Ce fut un homme hardi , courageux et qui s'était en quelque sorte dévoué pour le salut de son peuple. Job , après avoir été rétabli dans son premier état de félicité, a vécu cent quarante ans; mais avant l'épreuve que Dieu fit de sa patience, il devait déjà être fort avancé en âge , puisqu'il avait alors plusieurs enfants parvenus à l'âge de virilité. Job fut un personnage savant dans l'art de gouverner, éloquent, bienfaisant, et surtout un grand exemple de patience. Le grand prêtre Héli avait , quand il mourut, quatre-vingt-dix-huit ans. Ce lut un personnage d'un caractère paisible, mais trop indulgent pour ses enfants. Le prophète Elisée semble être mort âgé de près de cent ans, puisqu'il a vécu soixante ans après l'enlèvement d'IIélic , et qu'au temps de cet enlèvement, il était déjà assez âge pour que des enfants pussent le railler sur sa tête chauve. Elizéc fut un homme d'un grand caractère, sévère dans sa conduite, austère dans sa manière de vivre, et comptant pour rien les richesses. Le prophète Isaïc ne doit avoir vécu guère moins d'une centained'années, puisqu'il a rempli pendant soixante et dix ans l'office de prophète. Ou ignore l'année où il commença de prophétiser, ainsi que l'année de sa mort. Sou éloquence est vraiment admirable , et l'on peut dire de plus avec vérité, qu'il a été un prophète évangélisle. tant il est plein des promesses faites par Dieu à la nouvelle alliance. Le vieux Tobie et le jeune Tobie ont vécu , le premier cent cinquante-huit ans , et le second cent vingt-sept, l'un et l'autre à jamais recommandables parla sensibilité aux mal-

(i) Le psaume dont il s'agit, est Je LXXXIX.' parmi les psaumes do David. Il porte effectivement en titre dans l'original , Prière de Moïse, homme rie Dieu. La plupart des anciens et des nouveaux interprètes croient qu'il est véritablement de Moïse. Calniet pense différemment et s'appuie sur ce que l'auteur fixe la durée de la vie des hommes à soixante et dir ans, et tout au plus à quatre-vingts, au lieu qu'au temps de Moïse, il n'était pas rare de voir des hommes de cent ans.

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