‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 183 sur 454 · LA MÉDECINE ILLUSTRÉE PAR NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

LA MÉDECINE ILLUSTRÉE PAR NOTRE-SEIGNEUR

De augm. L. IV, cap. 1. ad. init.

La médecine est un art très-noble, et qui a la plus illustre origine, si on en croit les poètes : ceux-ci ont supposé qu'Apollon était le principal dieu de la médecine, et ils lui ont donné pour fils Esculape, qui lui-même a été un dieu, et qui a enseigné la médecine aux hommes. Le fondement de cette fiction, c'est apparemment que le soleil, ou Apollon, est dans l'ordre de la nature, l'auteur et la source de la vie, et que le médecin en est le conservateur, et comme une seconde source.

Mais la plus grande illustration de la médecine, vient des œuvres de Notre-Seigneur, qui.a été le médecin de nos corps, aussi bien que de nos âmes, et qui, ayant -rendu l'âme l'objet de sa céleste doctrine, a voulu que nos corps fussent en quelque sorte l'objet de ses miracles : car, nous ne lisons point dans l'Evangile que Notre-Seigneur en ait jamais lait aucun pour procurer des honneurs pu de l'argent, excepté quand il fut question de payer le tribut pour lui et pour S. Pierra ;

nais nous y voyons 'que dans lous ses miraîles, il a eu pourolijet immédiat la conserva ion et la guérison du corps.

SÉDECINS QUI PROCURERAIENT LA PROLONGA- TION DE NOTRE VIE, HONORES DANS L'ORDRE DE LA RELIGION.

De augm. scient. L. IV, cap. 2. post med,

Si la médecine, d'après les vues que j'ai Droposées, parvenait jamais à découvrir le s<v ïret de prolonger la vie, se serait alors que les médecins seraient honorés, non pas seulement oour la nécessité, mais parce qu'ils pourraient f'tre, selon Dieu, les économes et les dispensateurs du plus grand don que sa providence eût accordé aux hommes dans l'ordre des choses temporelles; car, quoique le monde soit à l'homme chrétien qui s'avance vers la terre promise, comme le désert, cependant, se serait pour ceux qui voyagent dans ce désert, un effet singulier de la bonté divine, que leurs souliers et leurs vêtements (Deut., XXIX, 5), c'est-à-dire leur corps, qui est comme le vêtement de notre âme, s'usassent moins promptement.

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