RESPECT QU'ON DOIT AUX ÉVÊQUES
TomclV, page 4-03.
Sans doute il est grand, le péché de ceux qui, semblables aux enfants d'Héli, détournent
les hommes par leur mauvaise conduite, d'adorer et de servir le Seigneur; et eorum causa abhorrebant homines à socrificio Domini (l, liais II, 17) ; mais quelque grand qu'il puisse être, le péché de ceux qui cherchent à avilir et à déshonorer les évêques, l'est encore davantage.
Salomon nous défend de critiquer ceux qui nous gouvernent, même au dedans de nolm «aine. Il exige do plus que, dans le doute, nous, interprétions toi jours leurs actions dans un
sens favorable. Les saints anges n'osèrent point condamner le calomniateur du genre humain, ni prononcer contre lui des p iroles de malédiction ; mais ils dirent : que le Seigneur exerce sur toi son empire; increpet te Dominas [Ep. Judœ). L'apôlre saint Paul avait été bien fondé à dénoncer au grand prêtre qui avait à son égard indignement violé les règles de la justice, le jugement de Dieu, en lui disant : le Seigneur te frappera, pereutiet te Dominus (Act. XXIII, 3j : mais il crut avoir été trop loin, en qualiDant le même grand prêtre de muraille blanchie, paries dealbate ; et il lui en fit des excuses : sur quoi un saint père a dit que saint Paul avait respecté dans ce personnage jusqu'à l'ombre et au vain nom de prêlre : ipsum, quamvis inane nothen et umbram, expavit sueerdolis.
L'histoire nous apprend que dans les premiers siècles de l'Eglise, les conciles et les synodes qui déposaient les évêques, ne croyaient plus devoir se souvenir des délits qui avaient donné lieu à la déposition, et les ensevelissaient dans un oubli éternel. Chain encourut la malédiction dont il fut frappé, pour avoir révélé la honte de son père, et cependant c'est une bien plus grande faute d'insulter au caractère des éveques et de mettre en question leur autorité, que d'insulter à leur personne. Il est plusieurs SS. PP. qui ont parlé contre des évêques dont la conduite était indigne de leur caractère, avec tant de force et de véhémence, qu'ils auraient paru croire que cette indignité les privait et les dépouillait par le seul fait de leur office; l'un a dit : On nous appclleprétres et nous nelesommes pas ; Sacerdotesnominamur, et non sumus. Un autre a dit : si vous ne faites de bonnes œuvres, vous ne pouvez point être évéque ; nisi bonum opnsamplec taris, episcopus essenonpotes. Mais dans la réalité, les SS. PP. en s'exprimant ainsi sur le comptedecesévêques,étaientbieu éloignés de prétendre qu'on pût élever des doutes ni sur la légitimité de leur état, ni sur la validité de leur ordination.