REFUSENT
COI CHRISTIANISME DE BACON
le Seigneur qu'il leur donne une vive sollicitude et un amour ardent pour le peuple dont il leur a confié la conduite, et qu'il leur inspire encore de ne point tant insister dans leurs instructions, sur les choses dont on dispute que sur celles dont on ne dispute pas.
Je viens aux procédés peu fraternels de l'un et de l'autre parti. Il est directement contraire à mon but d'exagérer les torts; c'est assez de les remarquer; et si je le fais, c'est dans la vue d'exciter la commisération et le regret du parti offensant, et non pas dans le dessein de réveiller l'animosilé, et do rendre plus vives les plaintes de l'autre. On sent fort bien que je dois m'adresserp us particulièrement au parti qui est le plus puissant : c'est de ceux qui ont la haute main que partent ordinairement les coups; injuriée potentiorum sunt.
Je dis donc que ceux qui sont en possession du gouvernement de l'Eglise ont, à l'égard des autres , des torts qui ne peuvent guère être dissimulés ou excusés. Ils leur ont imputé de refuser le tribut à César, et l'obéissance aux magistrats civils : obéissance que ceux-ci leur ont cependant toujours -endue. Ils ont reçu trop facilement des accusations contre eux : ces accusations, ils les ont trop rigidement poursuivies
Je snis que les gouvernements rigides valent mieux que les gouvernements faibles; et je suis de l'avis du personnage qui disait : qu'il vaut mieux vivre dans un pays où rien n'est permis , nue dans celui où tout est permis. Je blâme les supérieurs qui laissent tomber les lois en désuétude, ou qui n'en punissent point les transgresscurs : mais aussi les lois sont comme les raisins, qui, étant trop pressés, donnent un vin dur et peu salutaire, il faut ici appliquer les paroles de l'Apôtre : la colère de l'homme ne remplit point lu justice de Dieu; ira viri non operatur iustitiam Dei. J
Quant aux injures dont l'autre parti est coupable, elles ne sont que des (lèches sans pointes, ictus iuermes. Effectivement, elles ne consistent guère que dans des déclamations chaudes et violentes, et de la part de quelques hommes sans jugement, dans une
d'intelligence : les uns pour mettre le feu à la maison, les autres pour lu piller.