‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 212 sur 454 · Tome IV, page 4G · texte numérisé non relu

Tome IV, page 4G

Nos évêques exigent rigoureusement qu'on souscrive aux articles qu'ils ont dressés. Je crois que c'est aigrir et irriter les maux de 1 Eglise, qui autrement se seraient évanouis et dissipés d'eux-mêmes : celui-Icà ne cherche pas l'unité, mais la division qui exige en paroles ce qu'on lui donne en effet; non consensum qiucrit, sed dissidium, qui quod faclis prœstatur, verbis exigit.

Il est des personnes, j'en suis persuadé, qui se conformeraient assez facilement à ces articles, et qui cependant se font quelque peine de conscience d'y souscrire, parce qu'elles savent que l'abandon d'un parti, qu'elles avaient suivi pendant longtemps, imprimerait sur eux la noie d'inconstance, et formerait un obstacle au bien que d'ailleurs elles auraient pu faire ; telle est effectivement, dans plusieurs personnes, la faiblesse de leur esprit, qu'elles s'imaginent qu'une démarche semblable dei rail taire perdre tout crédit à leurs ministres : or. dans une disette de prédicateurs aussi grande que celle que nous éprouvons, condamner des ministres au silence, ce n'est pas les punir, c'est punir le peuple. Les évêques ne devraient-ils pas tenir un œil ouvert sur le bien que font ces prédicateurs, au lieu de fixer l'un et l'autre sur le mal qu'on suppose qu'ils commettent ?

Je ne parle pas de ceux qui sont outrés et incorrigibles ; à Dieu ne piaise qu'on doive leur permettre jamais la prédication : mais pour chaque parole inconsidérée qui échapperait aux autres, parole insidieusement surveillée, et le plus souvent interprétée dans un sens forcé, conviendrait-il de les interdire et de rendre leurs voix et leurs talents inutiles pour la chaire?

manière d'agir malhonnête et irrespectueuse pour les supérieurs; car pour les libelles où l'on se propose de rendre ceux-ci l'objet de la dérision publique, et qui est le moyen qu'on a dernièrement employé contre eux, je suis persuadé qu'il ne serait pas juste d'en charger tout le parti.

Je ne crois pas non plus qu'on doive imputer à la majorité cet autre procédé plus odieux encore, et qui n'est réellement mis en œuvre que par des hommes qui forment la lie de ce parti : c'est de s'associer et d'appeler, pour ainsi dire, à leur secours, certaines troupes d'hommes avides qui n'attaquent les évêques et les autres ecclésiastiques constitués en dignité, que pour les dépouiller de leurs bénéfices et s'enrichir de leurs dépouilles. On ne saurait parler trop durement de tous ces gens-là ; et on peut dire ici : Les incendiaires et les voleurs s'entendent et sont

CONDUITE ET DOCTRINE DE CEUX QUI ATTA- QUENT LE GOUVERNEMENT ACTUEL DE L É- GLISE ANGLICANE. RÉFLEXIONS GÉNÉRALES SUR CES CONTROVERSES.

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