‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 241 sur 454 · SIMPLICITE DE L'AME · texte numérisé non relu

SIMPLICITE DE L'AME

nation ; que j'ai reçu de tous ceux avec qui j'ai vécu ou j'ai eu quelque rapport particulier, tant de témoignages d'amitié, que j'ai reconnu tous les autres si obligeants, si éloignés de cette grossière et odieuse liberté qui permet d'insulter ceux même que nous ne connaissons pas, et qui ne nous ont donné aucun sujet d'offense, que je ne doute pas qu'ils n'aient bien plus d'éloignement de vous, qui êtes pourtant leur compatriote, qu'ils ne peuvent en avoir d'un étranger quelconque. Enfin, l'esprit des Belges m'est assez connu pour pouvoir assurer que ceux d'entre eux qui remplissent les magistratures, peuvent bien, il est vrai, différer souvent, à l'exemple de Dieu, la punition des méchants; mais que si l'audace de ceux-ci est portée au point qu'ils croient devoir la réprimer, alors aucune vaine défense ne pourrait les éblouir, ni arrêter le cours de la justice.

Et vous qui avez si dangereusement compromis l'honneur de votre profession et de votre religion, en publiant des livres absolument vides de raison et de charité, et pleins seulement de calomnies, craignez qu'ils ne jugent nécessaire, pour l'honneur delà religions de ne point laisser de si grands excès impunis (1).

(1) Après avoir In cette défense de Descartes , on est sans doute étonné, peut-êire monte un peu scandalisé de la chaleur et de la véhémence avec laquelle il poursuit son adversaire : il faut cependant en conclure seulement que Descartes était affecté jusqu'au suprême degré , de l'accusation d'athéisme intentée contre lui par Voéùus , accusation qu'il regardait comme la plus odieuse et la plus infamante de toutes. Mais on aurait lort de conclure que le ressentiment qu'il en avait conçu, contre ce ministre protestant, était implacable; c:ir voici ce qu'en 1045 il écrivait au sieur Tobie Dandré. On voit , dans ce fragment de lettre, une maxime bien digue du bon esprit et du bon cœur de Descartes : « De quelque naturel que soit Schookius ( ce Schookius était un professeur de Groningne. qui avait prêté son nom et sa plume à Vflëlius contre Descartes ), je suis tout à fait persuadé que vous ne désapprouverez pas que j'ulFre de me réconcilier avec lui. Il n'y a rien de plus doux dans la vie que la paix ; et il faut se souvenir que la haine du plus petit animal , ne fût-il qu'une fourmi, est capable de nuire quelquefois, mais qu'elle ne saurait être utile à rien. Je ne refuserais pas même l'amitié de Voëtius, si je croyais qu'il me l'ollrit de bonne foi » {Maillet, pag. 261).

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