‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 281 sur 454 · IDÉES INNÉES · texte numérisé non relu

IDÉES INNÉES

(Nouveaux essais sur l'entendement humain, p. 4.)

Mes différends avec Locke sont de quelque importance. 11 s'agit de savoir si l'âme, en elle-même, est vide entièrement, comme des tablettes où l'on n'a encore rien écrit (tabula rasa), suivant Aristote et l'auleur de l'Essai, et si tout ce qui y est tracé vient uniquement des sens et de l'expérience, ou si l'âme contient originairement les principes de plusieurs notions et doctrines, que les objets externes réveillent seulement dans les occasions, comme je le crois avec Platon, et même avec l'école et avec tous ceux qui prennent dans cette signification le passage de saint Pau! (Rom. n, 15), où il marque que la loi de Dieu est écrite dans les cœurs. Les stoïciens appelaient ces principes notions communes; Jules Scaliger les nommait semina œtemitatis, item zopyra, comme voulant dire des feux vivants, des traits lumineux cachés au dedans de nous, que la rencontre des sens et des objets externes fait

'27) C'est avec un dessein suivi de favoriser le matérialisme, que tant de modernes ont adopté le senlinientde Locke sur les idées innées, et ont voulu jeter même du ridicule sur l'opinion de Deseartes. Voilà pourquoi nous avons cru utile à la' religion de taire connaître ce qu'a pensé Leibnilz sur les idées wùees, ci avec quelle loi ce de raisonnement il en

établit l'existence. Le morceau que nous citons est tiré de l'Avant-propos des Nouveaux essais sur l'entendement humain. Tout le premier livre de cet ouvrage est consacré à la discussion de ce point important de métaphysique. H est impossible de le lire, et de ne pas penser ensuite sur les idées innées comme Deseartes et Leibniu.

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