MANIÈRE DE CONCEVOIR LES MTSTÈRES
(T. II, Rem. sur tes Mém. de Trévoux, p. 258.)
On n'a pas pu jusqu'ici donner une notion distincte de la présence, lorsqu'on l'a appliquée aux choses incorporelles, et qu'on l'a distinguée des rapports harmoniques qui raccompagnent, et qui sont aussi des phénomènes propres à marquer l'endroit de la chose incorporelle.
Après avoir conçu une union et une présence dans les choses matérielles, nous jugeons qu'il y a je ne sais quoi d'analogique» dans les immatérielles : mais tant que nous ne pouvons pas en concevoir davantage, nous n'en avons que des notions obscures.
C'est comme dans les mystères, où nous tâchons aussi d'élever ce que nous concevons dans le cours ordinaire des créatures, à quelque chose de plus sublime qui y puisse répondre, par rapport à la nature et à la puissance divine, sans y pouvoir concevoir rien d'assez distinct et d'assez propre à former une définition intelligible en tout.
C'est aussi pour cela qu'on ne saurait rendre raison parfaitement île tels mystères, ni les entendre entièrement ici-bas. 11 y a quelque chose de plus que des simples mots, cependant il n'y a pas de quoi venir à une explication exacte des termes.