NON OPPOSE A LA
(T. I, p. 24; Remarque sur le livre d'un antilrinilaire.)
L'opinion sabellienne, qui ne considère le Père, le Fils et le Saint-Esprit, que comme trois noms, comme trois renards d'un même être, ne saurait s'accorder avec les passages
(il) Voici la raison que rend LcibidU des progrès du mabométisme. (T. V , p. 479 , même leiire.)
« Je ne m'étonne point du grand progrès du mahométisme ; c'est une espèce de déisme joint à ta croyance de quelques faits, ei à l'observation de quelques pratiques que Maliomel et ses seriateuis ont ajoutées , quelquefois assez mal à propos , à la
de la sainte Ecriture, sans les violenter d'une étrange manière. Aussi faut-il avouer que de même les explications que les sociniens donnent aux passages sont très- violentes. Quant à nous, lorsqu'on dit que le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint- Esprit est Dieu, l'un de ces trois n'est pas l'autre, et avec tout cela, il n'y a pas Irois dieux, mais un seul; cela pourrait paraître une contradiction manifeste, car c'est justement en cela que consiste la notion de la pluralité. Si A est C, et B est C, et si A n'est pas B, ni B n'est pas A, il faut dire qu'il y a deux C, c'est-à-dire, si Jean est homme, et si Pierre est homme, et Jean n'est pas Pierre, et Pierre n'est pas Jean, il y aura deux hommes: ou bien il faut avouer que nous ne savons pas ce que c'est que deux. Ainsi, si dans le symbole attribué à saint Athanase , où il est dit que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, et que le Saint-Esprit est Dieu, et que cependant il n'y a qu'un Dieu, le mut ou terme de dieu était toujours pris au même sens, tant en en nommant trois dont chacun est Dieu, qu'en disant qu'il n'y a qu'un Dieu; ce serait une contradiction insoutenable. Il faut donc dire que dans le premier cas, il est pris pour une personne de la divinité, dont il yen a trois, et dans le second, pour une substance absolue qui est unique,
Je sais qu'il y a des auteurs scolastiques, qui croient que ce principe de logique ou de métaphysique : quœ surit eadem uni tertio, surit eadem inler se, n'a point lieu dans la Trinité; mais je crois que ce serait donner cause gagnée aux sociniens, en renversant un des premiers principes du raisonnement humain, sans lequel on ne saurait plus raisonner sur rien, ni assurer aucune chose. C'est pourquoi j'ai été fort surpris de voir que d'habiles gens, parmi les théologiens scolastiques, ont avoué que ce qu'on dit de la Trinité serait une contradiction formelle dans les créatures. Car je crois que ce qui est contradiction dans les termes l'est partout. On pourrait se contenter sans doute d'en demeurer là, et de dire seulement qu'on ne reconnaît et on n'adore qu'un seul et unique Dieu tout-puissant; et que, dans l'essence unique de Dieu, il y a trois personnes, le Père, le Fils ou Verbe, et le Saint-Esprit; que ces trois personnes ont cette relation entre elles, que le Père est le principe des deux autres, que la production éternelle du Fils est appelée naissance dans l'Ecriture, et celle du Saint-Esprit est appelée procession ; mais que leurs actions extérieures sont communes, excepté la fonction de l'incarnation avec ce qui en dépend , qui est propre au Fils et celle de la sanctification, qui est
religion naturelle, mais nui n'ont pas laissé d'être au yre de plusieurs nadons. On a l'obligation à cette secte de la destruction du paganisme en beaucoup d'endroits du monde , et ce serait un degré pour mener les peuples à la religion plus sublime du ebrislianisme , si la nôtre était prêcliée comme il faut, et si les pi éventions mal fondées des malio met ans n') mettaient point d'obstacle. »
Il II
propre au Saint-Esprit d'une manière toute particulière.
Cependant les objections des adversaires ont fait qu'on est alié plus avant, et qu'on a voulu expliquer ce que c'est que personne. Eu quoi il a été d'autant plus diflicile de réussir, que les explications dépendent des définitions. Or ceux qui nous donnent des sciences ont coutume de nous en donner aussi des définitions ; mais il n'en est pas ainsi des législateurs et encore moins de la religion. Ainsi la sainte Ecriture, aussi bien que la tradition, nous fournissant certains ternies, et ne nous en donnant pas en même temps des définitions précises, cela fait qu'en voulant expliquer les cboses, nous sommes réduits à faire des hypothèses possibles, à peu près comme on en fait dans l'astronomie. Et souvent les jurisconsultes sont obligés d'en faire autant, cherchant a donner au mot un sens qui puisse satisfaire en même temps à tous les passages et à la raison. La différence est, que l'explication des mystères de la religion n'est point nécessaire, au lieu que celle des lois est nécessaire pour juger les différends. Ainsi, en matière de mystères, le meilleur serait de s'en tenir précisément
aux termes révélés, autant qu'il se peut
Il ne suffit pas non plus de dire que le Père, le Fils et le Saint-Esprit diffèrent par des relations semblables aux modes, telles que sont les postures, les présences ou les absences. Ces sortes de rapports attribués à une môme substance, ne feront jamais trois personnes diverses existantes en môme temps. Ainsi je m'imagine que ce M. S. Ht., quel qu'il puisse être, ne se sera point contenlé de cela. Il faut donc dire qu'il y a des relations dans la substance divine, qui distinguent les personnes, puisque ces personnes ne sauraient être des substances absolues. Mais il faut dire aussi que ces relations doivent être substantielles, qui ne s'expliquent pas assez par de simples modalités. De plus, il faut dire que les personnes divines ne sont pas le même concret sous différentes dénominations ou relations, comme serait un même homme qui est poète et orateur, mais trois différents concrets respectifs dans un seul concret absolu. 11 faut dire aussi que les trois personnes ne sont pas des substances aussi absolues que le tout.
Il faut avouer qu'il n'y a aucun exemple dans la nature, qui réponde assez à cette notion des personnes divines. Mais il n'est point nécessaire qu'on en puisse trouver; et il suffit que ce qu'on en vient de dire n'implique aucune contradiction ni absurdité. La substance divine a sans doute des privilèges qui passent toutes les autres substances. Cependant, comme nous ne connaissons pas assez toute la nature, nous ne pouvons pas
(42) Si nous n'avions pas craint d'effrayer nos lecteurs par l'appareil des formes scolastiques , nous aurions traduit le petit traité de Leibniiz contre le socinien Wissovauus, et les deux lettres à Loeflérus, qui le suivent dans l'édition des Œuvres île notre auteur, l. I, p. 10. Ou aurait vu un exemple de la logique la plus exacte et la plus pres-
assurer non plus qu'il n'y a. et qu'il n'y peut avoir aucune substance absolue qui en contienne plusieurs respectives.
Cependant, pour rendre ces notions plus aisées par quelque chose d'approchant, je ne trouve rien dans les créatures de plus propre à illi^trerce sujet que la réflexion dc> esprits, lorsqu'un même esprit est son propre objet immédiat, et agit sur soi-même en pensant à soi-même et à ce qu'il l'ait; car le redoublement donne une image ou ombre de deux substances respectives dans une même substance absolue, savoir de celle qui entend, et de celle qui est entendue ; l'un et l'autre de ces êtres sont substantiels: l'un et l'autre sont un concret individu, et ils diffèrent par des relations mutuelles; mais ils ne font qu'une seule et même substance individuelle absolue. Je n'ose pourtant porter la comparaison assez loin, et je n'entreprends point d'avancer que la différence qui est entre les trois personnes divines, n'est pas plus grande que celle qui est entre ce qui entend et ce qui est entendu , lorsqu'un esprit fini pense à soi, d'autant que ce qui est modal, accidentel, imparfait et mutable en nous est réel, essentiel, achevé et immutable en Dieu. C'est assez que ce redoublement est comme une trace des personnalités divines. Cependant la sainte Ecriture appelant le Fils Verbe ou Logos, c'est-à-dire Verbe mental, parait nous donner à entendre que rien n'est plus propre à nous éclaircir ces choses, que l'analogie des opérations mentales. C'est aussi pour cela que les Pères ont rapporté la volonté au Saint-Esprit, comme ils ont rapporté ['entendement au Fils, et la puissance au Père, en distinguant le pouvoir, le savoir et le vouloir, ou bien le Père, le Verbe et l'amour (i2j.