SUITE DU MÊME SUJET
(T. I, p. 50 ; Remarque sur la perception réelle et substantielle du corps el du sang de Noire- Seigneur.
Il est raisonnable (lorqu'il s'agit du sens des paroles de Jésus-Christ dans l'institution de l'Eucharistie) de suivre l'explication littérale, s'il est possible, pour ne pas ouvrir la porte aux sociniens, d'autant plus que l'Eglise a toujours cru une perception réelle, comme le croient aujourd'hui toutes les Eglises orientales. La seule chose qui nous pourrait dispenser de nous attacher à la lettre du Testament de Jésus-Christ, serait, s'il y avait une absurdité ou impossibilité dans le sens littéral; mais on ne prouvera jamais qu'il
à bout, ce n'est qu'à l'égard de ceux qui soit soutenus de forces divines ; je veux dire. Monsieur, bien chrétiens et irès-chrétiens. ce que personne n'est presque plus qu'à demi ; car il n'y a qu'une vive el très-vive loi qui fasse embrasser ce mystère comme une suite de tous les autres... Je n'oublierai dans mon faillie travail sur l'Eucharistie, ni la possibilité par laquelle je commence l'ouvrage, ni les démonstrations prises de l'Ecriture sainte , qui font la seconde partie, ni les convictions tiré;s des Pères, qui font la troisième, à laquelle j'en suis. Je crois, Monsieur, qu'étant d'un même avis que moi, pour la présence vénlab'e et réelle, vous pouvez prier avec moi que je ne défende pas mal une si grande et si bonne cause. > (T. I, p. 72i.)
On voit par cette lettre, que Pélisson voulait aussi prouver la possibilité du mystère ; et Bussuel nous appr>nd qu'il s'en occupait encore trois ans avant sa mort : il ajoute que Pélisson comptait pousser son ouvrage jusqu'à la démonstration. J'espère, continue-t-il. que ce travail ne sera pas perdu, et qu'il s'en trouvera une partie considérable parmi ses papiers. (T. X de la nouvelle édition, p. lOi, 105.) Apparemment, toui ce qui concerne la possibilité était encore dans la tète de Pélisson , ou ce qu'il en avait écrit s'est trouvé trop en désordre ; car on ne le trouve point dans le Traité, d'ailleurs si estimable, de l'Eucharistie , qu'on a publié après sa mort, en 1700.
II i
en ait, si on examine la nature du corps....
Pour en revenir aux anciens et à la vérité, l'essence du corps consiste dans la force primitive de pâtir et d'agir, dans la passivité et activité; en un mot, dans la résistance. La passivité primitive est ce que j'appelle forme,ou ce que Aristote appelle entélc'chie première.
L'expérience l'ait voir qu'il y a de l'activité et de la résistance dans les corps, et qui fait que ceux qui les mettent dans la seule étendue, sont obligés de les dépouiller de toute action, et de dire que c'est Dieu seul qui agit. Ce qui est un sentiment étrange, et montre bien le défaut de l'hypothèse.
L'essence du corps consistant dans la force, l'application de la force aux dimensions s'ensuit naturellement par l'intention de Dieu, qui a voulu que tout se fit suivant certaines règles mathématiques, pondère, numéro, mensura. lit c'est en conséquence de cela que les corps ordinairement n'opèrent point indistants, qu'ils n'occupent pas tantôt un plus grand, tantôt un moindre espace, etc. Mais ce que Dieu a voulu pour le bon ordre des choses , ne l'oblige pas luimême, et n'empêche pas qu'il ne' puisse changer par des raisons d'un ordre supérieur (il).