‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 309 sur 454 · MORALE · texte numérisé non relu

MORALE

Principe de la société.

(Nouveaux essais sur l'entendement humain, p. 232.)

Hobbes prétendait que l'homme n'était pas fait pour la société, et qu'il y a été seulement forcé par la nécessité et par !a méchanceté de ceux de son espèce. Mais il ne considérait point que les meilleurs hommes, exempts de toute méchanceté , s'uniraient pour mieux obtenir leur but , comme les oiseaux s'attroupent pour mieux voyager en compagnie ; et comme les castors se joignent par centaines pour faire de grandes digues , où un petit nombre de ces animaux ne pourrait réussir; et ces digues leur sont nécessaires , pour faire , parce moyen , des réservoirs d'eau ou de petits lacs , dans lesquels ils bâtissent leurs cabanes , et pèchent des poissons dont ils se nourrissent. C'est là le fondement de la société des animaux qui y sont propres , et nullement la crainte de leurs semblables, qui ne se trouve guère chez les bêtes.

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