‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 336 sur 454 · COMPARAISON UES SAUVAGES ET DES HOMMES POLICÉS · texte numérisé non relu

COMPARAISON UES SAUVAGES ET DES HOMMES POLICÉS

(Nouveaux essais sur l'entendement humain, p. 55.)

Il faut avouer qu'il y a des points importants où les Barbares nous passent, surtout à l'égard de la vigueur du corps; et à l'égard de l'âme même, on peut dire qu'à certains égards leur morale pratique est meilleure que la nôtre, parce qu'ils n'ont point l'avarice d'amasser, ni l'ambition de dominer. Et on peut même ajouter que la conversation des Chrétiens les a rendus pires en bien des choses. On leur a appris l'ivrognerie yen leur apportant de l'eau-de-vie), les jurements, les blasphèmes et d'autres vices qui leur étaient peu connus. Il y a chez nous plus de bien et plus de mal que chez eux. l'n méchant Européen est plus méchant qu'un sauvage : il raffine sur le mal. Cepen-

(62) On agitait alors avec beaucoup de chaleur la question si toutes les actions des infidèles sont des péchés : et si toutes leurs venus ont clé des

dant rien n'empêcherait les hommes d'unir les avantages que la nature donne à ces peuples, avec ceux que nous donne la raison.

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