‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 368 sur 454 · UC · texte numérisé non relu

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de voir par quel art il aurait pu réussir à jeter quelques nuages sur un grand nombre de témoignages, tous plus lumineux les uns que les autres, et particulièrement sur le fait de la réconciliation de l'Angleterre avec l'Eglise romaine; fait si clair, si décisif et qui s'applique si parfaitement aux circonstances.

Nous comprenons qu'il n'aurait eu o proposer que de prétendues différences, et à répéter que les constitutionnels, plus coupables que tous les hérétiques ou schis'maliques dont nous avons parlé, ne méritent point d'être traités avec la même indulgence. Nous avons déjà montré combien, dans sa généralité, cette assertion est peu fondée dans l'histoire.

Mais, si l'auteur nous avait lu de sangfroid et sans le dessein formé de combattre notre ouvrage avant de le connaître, il aurait vu que nous ne faisions aucune application dans le détail: que nous distinguons soigneusement la cause des évêques constitutionnels d'avec celle des simples prêtres, à l'exemple et sur l'autorité de Pie VI, qui croyait les premiers bien moins dignes d'indulgence que les autres; que nous distinguons même entre les évêques de la première création et ceux qui osent leur succéder aujourd'hui, à mesure que leurs places deviennent vacantes; il aurait vu que tous les prêtres constitutionnels ne sont pas les mêmes à nos yeux; qu'il en est que nous jugeons plus coupables que les autres, et qui méritent d'être traités avec plus de sévérité; il aurait vu que l'indulgence dont nous proposions le modèle s'appliquait particulièrement aux pasteurs qui ramenaient (4J avec eux leurs troupeaux dans le sein de l'Eglise, et que c'était moins en leur faveur qu'en faveur de leurs peuples qu'on modérait la rigueur des canons; il aurait vu que, dans nos principes, l'application des exemples et des règles était soumise au jugement des supérieurs, qui, ayant sous les yeux les personnes, les faits et les circonstances, balanceraient dans leur sagesse les avantages et les inconvénients de l'indulgence, dans les différents cas qui se présenteraient, et observeraient, surtout, si au simple délit de l'hérésie ou du schisme ne se joignaient pas

dans ces individus des délits d'un autre genre, et plus graves encore; il aurait vu que si nous croyons, d'après l'histoire de l'Eglise, que les hérétiques ou les schismatiques ont été très-souvent dispensés de la pénitence canonique, nous n'avons jamais cru qu'ils l'aient été, et même qu'ils aient pu 1 être d'une autre pénitence de droit divin, qui très-souvent doit durer pour eux jusqu'à la tin de la vie; il aurait vu que nous ne prétendons nulle part que les anciens canons sur l'irrégularité des hérétiques et des schismatiques, ou sur la manière de les recevoir dans l'Eglise, sont abolis; qu'au contraire nous supposons perpétuellement qu'ils subsistent et sont encore en vigueur, puisque nous proposons d'en accorder la dispense, d'après l'exemple et sur le modèle des dispenses, que nous prouvons avoir été si fréquemment et si facilement accordées dans les plus beaux siècles de l'Eglise. Nous venons d'entendre le P. Thomassin déclarer que son Traité de l'irrégularité des hérétiques n'est presque que le récit des dispenses qu'en a données l'Eglise.

Mais, quoi qu'il en soit des exceptions et des déclarations que nous avons faites, il demeure toujours constant et évident, par la suite de notre travail, que, très-communément et avec l'approbation, souvent même par l'autorité des Papes et des conciles même œcuméniques, on a absous, réconcilié, réintégré dans leurs fonctions, des ministres hérétiques ou schismatiques, aussitôt après leur profession de foi, sans leur enjoindre de pénitence canonique, et avant qu'ils eussent eu le temps d'en accomplir aucune particulière : d'où nous avons pu conclure qu'on a donc été très-aulorisé , dans ces derniers temps, et qu'on l'est encore, à en user de la sorte toutes les fois qu'on jugera avec prudence qu'il résulterait de là, pour le bien inestimable de l'unité et pour le salut de la multitude, un avantage notable. On pourrait même aller [dus loin, et dire qu'alors il y a non-seulement permission, mais encore obligation de tenir une telle conduite. Saint Augustin est garant de toute celte doctrine; nous l'avons montré évidemment dans notre ouvrage.

(i) La Providence n'a pis permis que l'Eglise constitutionnelle ait rien changé dans la doctrine ett les rites de l'Eglise : et on doit en savoir gié'ià quelques-uns des chefs du parti, qui, p.tr quelque motif que ce soit, se sont opposés aux innovations avec courage. Pour rendre uoncune paroisse catholique, l'auteur a raison d'observer qu'il suflitait de substituer au pasteur actuel un pasteur catholique; mais la difficulté est de f.ure elle substitution. Il est donc bien plus simple et plus sur de

travailler à ramener le pasteur, qui, en rentrant dans l'unité, y fait rentrer avec lui toute sa paroisse et fait cesser par là une division scandaleuse, source d'une inunité de troubles et de désordres. Ainsi, quoique le retour d'un simple piètre à l'unité soit un grand bien pour l'Eglise, le reiour d'un piètre chargé d'une paroisse, est un bien pour elle d'une tout autre importance, et qui la dédommage amplement de la plaie que ferait à sa discipline sa facilité à recevoir le prêtre.

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