‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 370 sur 454 · C9 RETOUR DES MINISTRES · texte numérisé non relu

C9 RETOUR DES MINISTRES

Nous convenons que les prêlres qui avaient été entraînés dans ce malheureux parti, étaient bien répréliensihles: mais leurs personnes ne devaient-elles pas continuer d'être chères à leurs anciens confrères? mais leur retour à l'unité n'était-il pas infiniment important au bien commun de l'Eglise? mais n'étaient-ils pas encore plus que les pécheurs ordinaires, dignes de tous les ménagements et de toutes les sollicitudes de la charité pastorale? Si, à l'exemple de notre divin Maître, les bons pasteurs doivent courir jusqu'au fond du désert chercher la brebis égarée, et n'épargner, pour la réunir au troupeau, ni fatigue, ni peine, combien plus doivent-ils être empressés de chercher et de faire rentrer dans le bercail ceux de leurs collègues dans la charge pastorale, qui l'auraient abandonné 1

Mais il est trop souvent arrivé que, loin d'aller au-devant de ces confrères si intéressants, loin de les gagner par les caresses et les saints artifices de la charité, on les a rebutés quand ils se sont présentés d'euxmêmes; an lieu de leur montrer la porte déjà entr'ouverte, au lieu de leur insinueramicalement qu'on était obligé, avant de les introduire, d'attendre qu'ils eussent rempli les formalités et passé par les purifications nécessaires ; au lieu d'adoucir la rigueur et d'abréger, autant qu'il était possible, la durée de ces purifications, on leur a tenu la porte impitoyablement fermée; trop souvent on ne leur a parlé qu'avec dureté, on les a abreuvés de dégoûts et chargés d'humiliations; introduits enfin après un trèslong espace de temps, souvent ils ont été obligés d'attendre un plus long temps encore, avant d'être rétablis dans leurs fonctions.

Qu'est-il résulté de là? C'est que ceux <|ui étaient disposés à rentrer, et qui auraient subi volontiers des épreuves discrètes, effrayés par le traitement fait à leurs confrères, dont ils étaient les témoins, se sont tenus dans l'éloignement et ont persévéré dans le schisme.

Cette conduite peu charitable et si peu discrète, ne doit pas être imputée aux évèques, qui, n'étant point sur les lieux, n'ont pas pu, comme le père de famille de l'Evangile, voir tomber à leurs genoux l'enfant prodigue, et dans l'émotion de leur tendresse, ordonner aussitôt qu'on l'introduisît dans la maison paternelle, et qu'on lui rendîtsa première robe. Reddite illi stolam primant. (Luc. xv, 22.) Forcés de partir précipitamment de France, avec l'élite de leur clergé, il a bien fallu qu'ils confiassent le soin de leurs diocèses aux sujets que la loi n'obligeait point d'en sortir, et qui consentaient à se charger d'un office aussi dangereux. Leur choix n'a

(5) On pourrait demander si, dans le diocèse d'un de ces évèques, un curé légitime qui aurait tétrade son serinent et rendu sa rétractation suffisamment publique, qui aurait ensuite demandé l'absolution de la suspense cl la dispense de l'irrégularité, mais à qui un aurait répondu que revenue se l'émit réservée, n'aurait cas t u, eu attendant larc-

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