‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 380 sur 454 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Conduite de l'Eglise dans la réception de ceux qui avaient adhéré au schisme d'Acace et à celui des trois chapitres.

Les deux hérésies deNestorius et d'Eutychès, si opposées l'une à l'autre, donnèrent lieu, dans la suite, à deux schismes fameux, celui d'Acace et celui des trois chapitres; et dans la manière (dont les Papes terminèrent l'un et l'autre, nous retrouverons les mêmes exemples de la condescendance de l'Eglise.

Acace, patriarche de Conslantinople, s'était rendu, par sa conduite, très-suspect de favoriser l'eutichianisme, et d'être opposé au concile de Chalcédoine. Le Pape Félix l'anathémalisa en 48V ; et depuis celle époque, pendant l'espace de trente-quatre ans, l'Eglise de Conslantinople, et beaucoup d'autres Eglises orientales, demeurèrent séparées de la communion du Saint-Siège, parce qu'elles refusèrent de retrancher le nom (i'Acace des sacrés diptyques. Ce schisme fut éteint par les soins du Pape Hormisdas, un des plus sages Pontifes qui aient occupé la Chaire de saint Pierre : nous avons encore les instructions qu'il donna à ses légats pour la réception des schismaliques. On ne leur propose pour toute condition que de recevoir le concile de Chalcédoine, ainsi que la lettre de saint Léon, et de rejeter quelques personnages condamnés par le Saint-Siège. 11 n'est question ni de pénitence canonique, ni de suspension des fondions pendant un certain espace de temps. Du moment où ils souscrivaient le [libelle dressé par le Saint- Siège, la communion laïque ou ecclésiastique leur était purement et simplement rendue.

Il en arriva de même dans le schisme des trois chapitres, qui dura près de cent ans. Les trois chapitres étaient trois écrits favorables à Nestorius, ou du moins dont sa

prévalaient le* nestoriens, et qui furent condamnés par le cinquième concile œcuménique. Plusieurs Catholiques crurentque cettecondamnation porterait atteinte à l'autorité du concile de Chalcédoine, et n'avait été provoquée que par ses ennemis; ils se séparèrent de la communion du Saint-Siège, et de tous les évoques qui recevaient le cinquième concile : c'était principalement les évèques d'Istrie, qui étaient engagés dans ce malheureux schisme. Les Papes, et particulièrement Pelage, Grégoire le Grand, Honorius, travaillèrent avec zèle a l'éteindre ; ils y réussirent. Les évoques d'Istrie se réunirent successivement à l'Eglise ; mais on n'exigea d'eux, quand ils se présentaient, rien de plus que la cessation du schisme.

Page 1