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choisissent exclusivement un (f'vô.(ne suivant votre bizarre institution? Non, mais que les évoques de la même province s'assemblent: Episcopi ejusdemprovinciœ convcniant; qu'ils chérissent l'évêque, episcopus deligatur, et en présence du peuple, qui, connaissant les sujets, peut rendre témoignage de leur conduite. Ainsi, leur dit- il, a été choisi chez vous Sabinus par le témoignage de la multitude : De universœ fraternitatis suffragio, mais par le jugement des évêques: Deepiscoporum judicio.
Voyez-vous, Monsieur, la démarcation précise? le peuple est présent, présente plèbe Il rend témoignage au sujet proposé, niais les évêques élisent, leur jugement décide ; et il y aurait peu de sens à dire que l'élection est faite en présence du peuple, s'il était électeur, car vous ne direz pas que vos évêques sont élus en présence du département.
On vous ajouterait cert autorités pareilles, des conciles de Nicée, de Conslaulinople, d'Alexandrie spécialement, dans lequel les évêques auxquel on reprochait l'élection de saint Alhanaso, répondaient qu'ils ne l'avaient choisi "que d'après le vœu, au milieu des acc'amations du peuple :Sub omniuinacilamationibus episcopum creaverint. (Act. i, 21.) Quel reproche aurait-on eu à faire ans évêques, s'ils n'avaient pas élu, et qu'eût eu besoin le peuple de prier, de solliciter à grands cris s'il eût été électeur?
Faut-il encore répondre à ces fatigantes répétitions d'exemples tant relûtes? Saint Matthias a été choisi par les fidèles. Ehl point du tout. Dans le verset quatorze du premier chapitre des Actes des apôtres, il est question de tous les frères assemblés persévérant dans la prière avec les femmes. .Mais au verset quinze, commence un fait tout nouveau : In Mis diebas. Ce ne sont plus les (idèles au milieu desquels Pierre se lève, mais les disciples seuls, pa9>!Tûv et cela est clair: car saint Pierre y dit : Nous qui avons toujours accompagné Jésus-Christ :
Nobiscum sunt congregati per omne tempus fjuo intravit et exivit inter nos Dominus Jésus.
Vienne ensuite des nominations extraordinaires, bruyantes, de quelques évêques, comme saint Alexandre le charbonnier, saint Martin; mais tous ces exemples mêmes déposent contre vous. Qu'y voit-on? Le peuple faisant violence aux évêques, qui devaient choisir. Si le peuple avait eu le droit d'élire, à quoi bon cette violence? elle pouvait avoir lieu pour de bons comme pour de mauvais choix, phissouvent pour ces derniers. C'est eequi obligea l'Eglise à exclure enfin le peuple des élections. Le concile de Laodicée,dès l'an 372, avait défendu ce concours de laïques :Quôd non sit permittendum laicis eleclionem facere (can. 19). Ce canon ne l'ut pas cependant pleinement exécuté, jusqu'au second concile de Nicée, qui exclut entièrement les laïques, même les princes, de l'élection des évêques : Statûit nemine n luicorum eikun yrincipum seinel irlgerùre ele-
ctioni episcopi ; et la raison qu'il en donne, c'est que cette forme est une source de t'onbles et de contestations : Ne inordinata hinc et incongrua fiât confusio vel contenlio.
Je ne dois point finir, Monsieur, sans relever deux endroits de votre lettre, qui annoncent, l'un, une inconséquence impardonnable à un homme qui se mêle d'écrire, et l'autre une morale scandaleuse dans un prêtre.
Dans le premier, vous ne trouverez aucun inconvénient a ce que des protestants, des juifs nomment un évoque, un curé, c'est un droit purement temporel. Mais de grâce accordez-vous donc avec vous-même.
Pourquoi renvoyez-vous l'élection à ce peuple? Je le répète d'après vous, c'est que le pasteur doit être choisi par ceux qu'il gouverne. Eh bien, des juifs, des protestants forment-ils le troupeau d'un évêque catholique? le choisissent-ils pour qu'il soit leur pasteur ?
Mais des ariens ont concouru à la nomination de saint Ambroise : voilà comment avec des mots on fait illusion aux ignorants. Ces hommes, qui pouvaient être ariens par leurs sentiments, leur erreur, paraissaient extérieurement dans la communion catholique, ils n'avaient pas d'autre culte, d'autre temple, d'autre évêque, que l'évêque de Milan, lit vous comparez cela avec des sectaires qui forment un corps à part, ayant leur culte, leurs prêches, leurs ministres, et sans aucune correspondance avec le régime catholique.
Dansle second, vousue craignez pasd ! justifier le décret qui admet les comédiens au droit d'élire les évêques. Vous prétendez qu'il n'y a que des préjugés gothiques et barbares qui [missent les priver de concourir à des élections qui intéressent le bien public, et qu'àcelégard Molière vautbien un prêtre déréglé. Et c'est vous, Monsieur, prêtre chargé d'instruire la jeunesse, qui nous débitez cette infâme doctrine, qui jusliiiez une profession abominable aux yeux de l'Evangile, dont ceux qui l'exercent sont appelés par Nicole, Bossuet, empoisonneurs publics (terme qui fâchait si fort Racine). Vous osez insulter aux anathèmes de l'Eglise qui les chasse de son sein; comme si vous ignoriez que les théâtres sont le signal qui appelle le libertinage dans toutes les villes où ils s'introduisent, qu'ils y sont la perte de la jeunesse, Je fléau de tous Jes citoyens religieux, le sujet des larmes des parents chrétiens. A quel siècle sommesnous donc réservés, et que nous sommes loin de la religieuse sévérité de nos Pères ? En 1761, la demoiselle Clairon, de la comédie Française, mécontente d'être l'objet des anathèmes de l'Eglise, s'adressa au sieur Huerne de ia Motte, avocat, pour qu'il lui fit un Mémoire propre à justifier sa profession. Ce jurisconsulte entreprit d'y prouver que la profession de comédiens n'avait rien d'infâme, qu'ils devaient être à l'abri de l'excommunication prononcée parl'EgH-
loOS LETTKE I AU 1!. P. LALANDE. " ISfi«
se. L'ordre des avocats, par l'organe de son Hambourg, dans un autre, confirmé par Grébâtonnier, dénonça ce Mémoire au parle- goire IV. Les évêchés de Pologne, par lo •ment, et prouva que, par toutes les lois, la cardinal de Tusculum, qui posa seul les profession de comédien était regardée coin- bornes des diocèses; que les princes n'y me infâme: Infamia notatur qui in scenam avaient eu d'autre part que de demander et prodierit; et le Mémoire fut condamné à être confirmer ces établissements dans tout ce brûlé par arrêt du 2 avril 1701. C'était sans qu'ils avaient de relatif au temporel; qu'à douie un reste de préjugés gothiques et l'égard de Cantorbéry, le roi Ethécrilde n'y barbares. Assurément s'il y avait encore avait pas eu plus de part que Louis XVI. quelque discipline dans l'Oratoire, ou si son Pour toute réponse, M. le curé d'Embermenil régime était le maître de déployer son au- répète ce qu'il avait avancé sur ces ëvêchés. torilé, vous seriez déjà exclus de la con- Oh ! qu'il est vrai, comme le dit cet écrivain, grégation, comme l'avocat lut rayé du ta- >< qu'il faut s'armer de beaucoup de patience bleau. quand on s'impose la lâche de repousser les
J'ai l'honneur d'être, attaques de certaines gens qui épiloguent
Ce I" mars 1791. sur UI1 ni0'> sur une phrase, au lieu d'alta.-
quer un pian dans son ensemble. » M. l'abbé
— en donne la preuve. Quel était le fond do
Addition pour M. l'abbé Grégoire. mo" assertion? Que Justinien n'avait point
entrepris d ériger des métropoles en Pa-
J'ai observé, en commençant, combien il phlagonie. Voilà ce qu'il fallait attaquer. est désagréable d'avoir affaire à des gens qui Est-ce là ce que fait l'adversaire? Point du ne font que se copier, qui répètent éternel- tout ; il épilogue sur des mots. J'ai dit que lement les mêmes erreurs, (somme si on no Justinien n'avait rien décidé, parce qu'il n'y les avait pas réfutées. En voici une nouvelle avait rien à décider : que réplique-t-il? Juspreuve dans une défense que l'abbé Grégoire tinien décida tellement que, suivant M. do vient de donner de son ouvrage sur la lé- Marca, jus constituit : sans doute il établit gitimité du serment. un droit nouveau; mais sur le point dont it
Il avait prétendu prouver le droit do la s'agissait entre nous il n'avait rien à décider,
puissance temporelle de créer des mélropo- Autre petite chicane : M. Grégoire n'avait
ii tains, par un canon de l'Eglise grecque, parlé que de villes ajoutées à la Paphlagonie.
licitum est imperatori. Je lui ai prouvé que Je n'étais pas assez imbécile pour prétendre
ce prétendu canon était une simple assertion cpi'il n'y eût point de villes dans une pro-
d'un moine du xnic siècle. Je lui apprenais vince; niais j'avais dit, de deux provinces d«
où il le trouverait. Que répond l'abbé? Que ce nom, il n'en lit qu'une. C'est, je l'avoue,
l'existence du passage est bien constatée, cl une transposition; il fallait dire, de deux
il appelle cela se défendre. provinces il n'en fit qu'une de ce nom, en y
Il copie ensuite le P. Lalande sur la haine réunissant l'Honoriade, comme le dit M. de chimérique de Valens contre saint Basile, Marca que je étais. Je me seiais plus corsur la métropole de Thiane, sur l'acquiescé- rectement exprimé, en disant qu'il régla ment de saint Basile, de saint Grégoire; qu'il n'y aurait qu'une province, ayant plutontes ces chimères viennent d'être ré- sieurs métropoles, ne voulant rien innover futées. quant aux sacerdoces; or, encore une fois,
11 revient encore aux évêchés de Magde- c'était là le seul point important, auquel
bourg, Brème, Hambourg, Gnesne. Je lui ai M. Grégoire n'oppose rien, etson silence
démontré que tous ces évêchés avaient été est un aveu.
érigés par la puissance spirituelle: Brème, Je laisse aux autres adversaires qu'il atta-
par des évoques assemblés en concile; Mag- que le soin de se défendre; cela ne leur sera
debourg, dans un concile tenu à Bavenne; pas difficile.
PREMIERE LETTRE Al1 R. P. LALANDE,