SUR SON APOLOGIE DE LA CONSTITUTION CIVILE DU CLERGÉ
J'ai relu à l'occasion de votre lettre, mon révérend Père, et j'ai examiné avec soin la partie de l'écrit des évoques députés, qui concerne les élections. Je vous confesse que j'en ai admiré l'exactitude, la modération et la sagesse. Et l'on ne peut que trouver ensuite bien injuste et bien indécente la censure amère que vous vous permettez d'en faire.
Les évèques ne montrent aucune opposition aux élections : ils insinuent même qu'ils auraient volontiers concouru à rappeler cette ancienne manière de pourvoir les Eglises vacantes; et ils auraient en cela rempli les vues de plusieurs assemblées générales du clergé qui ont autrefois demandé à nos rois le rétablissement des élections avec de grandes instances.
Les évèques reconnaissent encore expressément que le peuple, dans les premiers siècles, concourait aux élections. Ils observent, il est vrai, que le clergé en corps, y concourait de même, et vous ne le contestez
pas. Mais ils ajoutent que le clergé avait la principale influence, et voilà ce qui vous irrite et ce que vous entreprenez de combattre.
Dans cette vue, vous rassemblez quelques traits de l'histoire ecclésiastique qui vous paraissent prouver que c'était au contrairo le peuple qui avait l'influence principale. Mais sans entrer dans la discussion d'aucun de ces traits que nous prouverions facilement être ou peu fidèlement rapportés, ou peu concluants, nous vous ferons seulement quelques observations qui seront bien suflisantes.
1° Un passage du P. Thomassin que vous auriez dû connaître, va faire évanouir l'avantage que vous prétendez tirer de saint Cyprien, et éclaircir toutes vos difficultés. ;< C'est la doctrine de saint Cyprien, » dit le P. Thomassin, « que les évoques ne montent à cette dignité que par le choix et le jugement que Dieu en fait, et qu'il exécute par l'autorité des évèques qui élisent et des peu-