AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR
Des personnes graves attribuent à M. Emery l'opuscule intitulé : Témoignage de t'iïglise, tL'imis les apôtres jusqu'à nos jours, en faveur de la promené de fidélité. Nous avouons toutefois que rien
de bien positif n'appuie leur opinion, unis rien non plus ne la combat. L'écrit est anonyme, comme la plupart de ceux publiés pendant la tourmente révolutionnaire) sur les circonstances du temps.
Lps écrivains seuls qui attaquaient les principes religieux et sociaux, nu qui abondaient dans le sens des doctrines en vogue a celte époque , signaient ordinairement leurs ériis; mais la prudence faisait presque toujours un devoir à ceux qui entreprenaient la défense de ces mêmes principes, de dissimuler leur nom. CYsi ainsi que M. Emery luimême a publié sous le voile de l'anonyme ses Lettres au P. Lular.de el ses Observations sur une lettre d'un vicaire général de Toulouse relative au serinent de liberté et d'égalité. Par la même raison , il a pu ne pas se faire publiquement reconnaître comme Fauteur de l'opuscule dont il est ici question. De ce que l'ouvrage est anonyme, on ne peut donc conclure qu'il n'est pas sorti de la plume de M. Emery.
L'opinion qui le lui attribue a sa source dans la même tradition que celle qui le reconnaît pour auteur des Lettres au P. Lalande. et de quelques autres opuscules de circonstance. Ce sont, de part et d'autre, des Sulpiciens qui nous affirment que, dans leur congrégation , ces écrits ont toujours élé regardés comme l'œuvre de M. Emery ; seulement cette tradition est claire, certaine et constante pour ce qui regarde les Lettres au P. Lalande, tandis qu'elle est moins assurée relativement au Témoignage de l'Eglise. Cependant celle dernière ne trouve aucun contradicteur.
Toutefois l'on pourrait peut-être objecter, contre l'opinion commune, certaines expressions, employées par l'auteur du Témoignage, vers la lin du supplément à cet opuscule, par lesquelles il semble faire cause commune avec le chapitre de Rouen. Mais il nous semble qu'on n'en peut tirer aucune conséquence pratique. Voici ces paroles :
Les antisoumhsionnaires , dit l'auteur du Témoignage, veulent absolument confier le soin de l'Eg ise
de Rouen à un évêque éloigné de nous , tandis que l'autorité légitime qui doit, selon les canons, la gouverner, est au milieu de nous. En effet, on conçoit aisément que , quoique M. Emery n'appartint pas au diocèse de Rouen, il ait pu dire ces paroles d'un archevêque, encore en exil, et bois de France, au moment où a paru cet écrit. D'ailleurs l'autorité de M. Emery était si grande, qu'on le consultait de toutes parts dans ces temps critiques ; il était devenu le conseil du clergé et des administrations diocésaines. Ne peut-on pas dire que . consulté par les chanoines de Rouen au sujet des dillicullés qu'un leur suscitait, il a profilé de l'occasion qui se présentait, pour donner à sa réponse une publicité qui devait la rendu' plus mile au rétablissement de l'ordre dans ce diocèse? Et l'on est d'autant [dus disposé à croire que les choses se sont ainsi (tassées , que celle décision , relative au chapilie de Rouen, s'éloigne du but général de l'ouvrage, et ne s'y rattache que comme incident.
Quoi qu'il en soit de l'authenticité de cet opuscule, il ne peut être déplacé à la suite des Œuvres lie M. Emery. La question qui y est traitée est trèsimportante, et la thèse soutenue par l'auteur est solidement appuyée sur l'Ecriture cl la tradition. C'est une réponse permanente aux ennemis du catholicisme qui l'accusent d'être envahissant et de prétendre à l'absorption de l'Etal par l'Eglise. D'un autre côté, cet opuscule trace aux Catholiques une règle de conduite dans les révolutions si fréquentes à notre époque. La réimpression de cet éct'il ue peut donc qu'être utile.
Au moment de sa publication, il a eu deux éditions. Nous donnons ci-dessous l'avertissement que l'ameur a placé en tête de la seconde.