RÉSUMÉ
J'ai fait voir dans l'Ecriture que Baasa, couvert de crimes, qui lui servirent de marchepied pour arriver au trône, n'en est pas moins déclaré par Dieu même, le chef qu'il a donné à son peuple. Ce trait détruit do fond en comble tout ce que l'exagénilion la plus outrée peut opposer à l'obéissance en général.
J'ai fait voir que Jésus-Christ, sans vouloir aborder la question de la légitimité des droits au gouvernement des peuples, a conclu, du fait seul, le devoir d'obéir. J'ai fait voir que le système des adversaires menait au blasphème. Première question résolue pour tous les temps, pour toutes les circonstances.
J'ai fait voir que le serment de fidélité, exigé d'une foule de Chrétiens, n'a jamais été refusé par aucun d'eux; que l'Eglise, persécutée, n'a jamais agité un seul instant si ce serment portait avec lui l'extension que les adversaires veulent lui donner. J'ai fait voir que, par ce système exagéré, la conduite des Chrétiens, leurs prières, n'auraient été que des actes de mauvaise foi, et que les vœux que leur langue prononçait pour la prospérité de l'empire, pour la stabilité de l'ordre établi, pour la fidélité du sénat, auraient été en contradiction avec leur foi; qu'ils étaient, enfin, dans ce système, ou des imbéciles ou des hommes doubles : conséquence, j'ose le dire, qui tient du blasphème (8).
J'ai fait voir, par une suite de traits frappants, décisifs, tirés de l'histoire de l'Eglise, que, dans tous les âges, les plus grands Papes, les pasteurs les plus saints, les plus éclairés, ont tenu une conduite constamment d'accord avec l'acception reçue chez tous les peuples, du serment de fidélité; que, ni les usurpations, ni les dangers, dont la religion pouvait être menacée, à
ver que l'auteur raisonne mal.
La constante doctrine de l'Eglise réduira toujours la leur en poussière. La vérité, semblable au rocher, peut bien être battue parla tempête; mais elle ne sera jamais ébranlée.
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GELYKES COMPLETES DE M. EMERY
raison de l'hérésie, que favorisèrent quelques usurpateurs, rien au monde ne les a fait dévier de la ligne de fidélité et d'obéissance due toujours, en général, à la puissance publique.
J'ai fait voir que, de nos jours, l'Eglise d'Angleterre, soutenue, éclairée par le jugement du Pape Pie VI, n'a pas hésité de prêter un serment de fidélité au roi, dont la formule présente des dispositions bien plus dures que la promesse de fidélité : dans le système que je combats, on y paraît sanctionner à jamais la prédominance de la religion anglaise.
J'ai fait voir, enfin, que le clergé de France, en 1790, n'avait pas hésité de faire serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi, sans réserve ; serment bien différent et en contradiction manifeste avec celui que les évêques avaient prêté au roi selon l'usage : serment qui avait pour objet un nouvel ordre de choses, un changement total dans la constitution de l'Etat. L'entreprise i-ontre les biens du clergé était déjà;consomruée par un décret; le clergé étaitdonc parjure et injuste, ou bien il élait pénétré de celle vérité, que jamais le serinent de fidélité n'entraînait nécessairement adhésion, approbation, ni du tout, ni des parties d'une constitution.
Le cierge de France a donc donné, en 1790, la solution du problème qu'on agite aujourd'hui, et que l'on propose à l'examen du Pape en 1801 ; époque où tout ce qui était encore jour lors est détruit ; époque où la Providence a décidé ce qui était encure incertain; époque où Dieu a permis qu'un nouveau gouvernement succédât à l'ancien, dont il ne reste pas vestige; époque, enfin, où plus que jamais depuis la révolution, l'ordre de Jésus-Christ, obéissez, trouve son application.
Je viens d'offrir un ensemble, un accord admirable, unique peut-être dans l'histoire du monde, dans la conduite des Chrétiens, depuis les apôtres jusqu'à nos jours. J'ai présenté un corps de preuves irrésistibles en faveur de la cause que je défends.
J'ose dire que mes moyens, leur développement, rendent hommage à la religion de Jésus-Christ, qui, bien approfondie, présente un code sublime de morale, de règle de conduite, qui porte l'empreinte de la souveraine sagesse qui l'a dicté.
J'ai prouvé que le système des adversaires, dans les questions qu'il présente, mène droit au blasphème, et contre Jésus- Christ, et contre l'esprit de l'Eglise, qui toujours a respecté l'autorité établie, l'ordro qui en résultait. Donc ce système tombe nécessairement et s'écroule de toutes parts; et du milieu des ruines, pures et sans nuages, sortent deux vérités.
La première, que partout où l'autorité .>-e montre, obéir est un devoir, sauf la réserve de droits; mais qui ne doit être énoncée que dans la nécessité du refus d'un acte contraire à la loi de Dieu.
J.a deuxième, que la 'romesse de fidélité
exigée par le gouvernement, même dénuée de l'explication qu'il en a donnée, n'est rien autre chose que celle de ne pas troubler l'ordre établi, de ne pas conspirer contre lui.
Prêtres timides et honnêtes, dont la conscience repousse jusqu'à l'ombre du mal, c'est à vous que j'adresse la parole!
Votre ministère ne saurait rester stérile. Je vais vous dire ce que déjà vous avez dans le cœur. Ayez le courage de sortir des retraites obscures, où une persécution farouche vous a forcés de vous cacher. Secouez le joug que les circonstances cruelles vous ont imposé. La piété, sensible à vos malheurs, à votre dénûment, s'est fait un devoir de vous secourir et de vous dérober aux poursuites de vos ennemis. Les temps sont changés. Rompre vos liens, paraître au grand jour dans nos temples, vous devient une obligation.
Parés de voire indigence seule, reprenez la dignité qui convient nu caractère sacré dont vous êtes revêtus. La moisson est abondante ; mais que Jes ouvriers sont rares! Jetez les yeux sur ce peuple infortuné, sans morale, dont la langue desséchée ne saurait plus articuler sa misère. La famine est extrême ; il ne connaît plus la voie qui mène à la vie. Vous lui devez le pain spirituel de la parole, ce pain de chaque jour dont la distribution ne saurait, sans crime, êtro remise au lendemain. Ne différez plus, ou craignez que Dieu ne vous fasse les reproches" qu'il adresse aux pasteurs d'Israël, par la bouche d'Ezéchiel : Vous avez laissé errer mes brebis sans, pâturages. (Ezech. xxxiv, 6.)
Travaillez par tous les moyens possibles, compatibles avec la justice, à rapprocher les esprits divisés. Rappelons-nous que saint Augustin regardait le schisme comme le plus grand des malheurs. Rappelons-nous sa conduite, lorsque le schisme des donatistes désolait l'Eglise d'Afrique par ses fureurs. L'ardeur de sa charité lui fit faire des propositions qui seraient incroyables, si l'histoire nous permettait d'en douter. Nos paroles, comme les siennes, seront des paroles de paix et de charité; et vous forcerez, par votre modération, par votre douceur, tous les hommes, l'impie même, à admirer la religion et ses prodiges de désintéressement.