‹ Œuvres complètes de M. Émery, supérieur-général de Saint-SulpiceChapitre 74 sur 454 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Continuation de l'oraison durant les infirmités.

Les infirmités ne doivent point nous dispenser de continuer à faire oraison, puisque l'on n'y a point besoin de forces corporelles, qu'il ne faut que de l'amour, et que, pourvu qu'on le veuille et qu'on ne se décourage point, Dieu donne toujours le moyen de s'y occuper. Je dis toujours, parce que la violence des maux empêche bien quelquefois, il est vrai, l'âme de rentrer en elle-même* mais elle ne laisse pas de trouver d'autres moments où elle le peut, même au milieu des douleurs ; et jamais l'oraison n'est plus parfaite qu'en ces rencontres où une âme, qui aime Dieu véritablement, otfre avec joie à Jésus-Christ ces mêmes douleurs dans la vue que c'est pour se conformer à sa volonté qu'elle les souffre, qu'elle devient en quelque sorte, parce moyen, semblable à lui; et mille autres pensées qui se présentent à elle dans ce divin commerce de l'amour qu'elle a pour son Dieu.

Ainsi l'on voit que ce n'est pas seulement dans la solitude que l'on peut pratiquer utilement l'oraison; mais qu'avec un peu de soin, on tire aussi de grands avantages des temps même où Notre-Seigneur nous ôte celui de la iaire par les souffrances qu'il nous, envoie.

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