‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 10 sur 347 · XIV NOTICE · texte numérisé non relu

XIV NOTICE

1786 jusqu'à la fin de 18 10 , c'est-à-dire dorant Tingt-cfiiatrè années » entre lesquelles il en faut compter dix de fonctions politiques et dix de maladies.

Il a été, sans interruption, membre de toutes les législatures qni se sont succédé depuis 179a jnsqu'au mois de mars 1802. Quoiqu'il ait beaucoup écrit en vers et en prose dans le cours de ces dix années , il est indubitable que , s'il avait pu les con- Mcrer aux lettres sans partage et sans distraction, le recueil de ses œnvres serait aujourd'hui beaucoup plus riche. Cependant, comme nous venons de le dire, c'était encore de littérature et d'mstruction publiqcse qu^il s'occupait ïe pins ordinairement dane l'exercice de ses fonctions législatives, et il s'est, à cerhûnes époques , presque borné à ce seul genre d'activi^ et d'influence. QummI il sortait de cette sphère, è'éfaiC presque toujours, depuis 1794» ?<>«* contribaer au retûfor de l'équité, pomr s'opposer aux résolutions tyraimîqties, aux mesures arbitraires, pour rétablir l'ordre et le règne des Ms. Sa voix éloquente a rappelé au sein de la Convention M. Lanjuinais et les autres proscriti^ de 179S , ei au sein de li France M. de Talleyrand.

Il est bie* aisé, «près de viofeetisf oragesr, de éensurer les hommes publics (foi , jetés ati mîlieti des trooMes , ne les ont pas MNiitrisés. Ma«s l'exagération des reproches qu'on leur adressr pr^ve seulement qu'en leur placé 60 en aurait soinénfe Mérité die bien phi« grades ; car e'éfait préciséàieat cette pariÎAKté , celte rigueur extrême , eet kopétiènt besoin de condamner ^ qoi, danâ ces temps déplorables , disposait , entraînait presque invinerMenienf atne erreurs, aux fîtutes, an>^ kiJQStîcesL il est une opinion , un vote de Chénier que nom n'entendons excuser e» aucmie monière; à l'égard des afutres, «MB désirerions' que ses tJlnétÊtn vouhibstont bien prendre une connaissance un peu eitacte des faSts et des époques dont ils parlent : ils sauraient que plusieurs missions lui ont été proposée» en 179); qœ*, pour les avoir tontes refit-

SUR M..J. CHÉNIER. xv

sées y il fut excla dn cotiiité d'instruction publique ' ; que , menace d'une proscription plus sérieuse, et forcé de prendre la parole sur les honneurs qui avaient été décernés, en 1791, à la mémoire de Mirabeau , il osa rendre hommage aux talensy ao génie et à quelques actions de cet oraterrr célèbre, et ne pas dire un seul mot d'un autre homme dont on divimsail le âffite et les attentats. Ce silence, an moment même d'une telle a{K>théose, en était, sans aucun doute, le désaveu le plus solennel , l'improbation la plus outrageante ; et nous ignorons ce qu'auraient fait de phts courageux, en ime pareille conjoncture , ceux qui ont tant blAmé et n peu fu ce discours '. t^es tyrans en jugèrent mieux : fls se promirent de venger leur idoTé par la perte de Chénier et de sa famille entière. Son père fut menacé; deux de ses frères furent arrêtés; il fut bientôt dénoncé lui-même, cité, recherché, inscrit à son rang sur Tune des pages de la Kste de^ proscriptions. Il n'en devint que plus ardent à solliciter la délivrance de ses frères : durant plusieurs mois il n'cfué pas d'autre pensée, et ses instances fnrent si vives , si persévérantes , qu'il parvint à sauver l'une des deux victimes. Koàs ne prétendons point le louer ici de ces démarches , auxquelles l'entn^itfaient les sentimens les plus tendres, mais qu'il aurait encore faites quand il n'eût consulté que son intérêt personnel ; caries périls de ceux qui portaient son nom agravaient les siens propres, et Ton arrivait à lui en les frappant. André Chénier périt le 7 thermidor ; et cette date toute seule réfuterait assez une calomnie aussi absurde qu'horrible. Si quelqu'un, le 7 thermidor, avait en effet le moyen de sanver ses parens les plus chers , assurément un tel crédit , une tdle puissance n'appartenait point à celui qui périssait luimême si œ régime sanguinaire eût duré quinze jours dé phis. loMBolé à trente-un ans, André Chénier s^était déjà diatingné

I. Toyex le procèft-verbal àt U Convention nationale, séance do qainsîlme jour du premier mois de fan II, pages i-^3 et 194. a. Il est dans le Moniteur da 7 frimaire an II.

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