‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 9 sur 347 · XII NOTICE · texte numérisé non relu

XII NOTICE

ivs grâces de Tesprit et du style. Ce qu*il faut i*egi*ettery c*est que Chénier n'ait achevé que la partie la moius attrayante de son ouvrage, et que la littérature française y* proprement dite, attende encore un historien , quand la littérature italienne en a trouvé un , et le meilleur qu'elle ait jamais eu , dans un écrivain français '. Aux discours, aux leçons que nous ^venons de rappeler, on a joint des articles de littérature insérés par Chénier dans quelques journaux, spécialement dans le Mercure, dont il était, en 1809 et 1810, l'un des rédacteurs, et une traduction du Dialogue sur les orateurs attribué à Tacite ou à Quintilien. Il a traduit d'autres morceaux de Tacite; et ce travail est resté manuscrit; mais on a imprimé en Belgi> que et ailleurs sa version française de la poétique d'Aristote. Tels sont ceux de ses écrits en prose que nous comprenons sous une première classe.

La seconde consiste dans le volume imprimé sous le titre de Tableau historique de l'état et des progrès de la littérature française depuis 1789 : ouvrage déjà classique, qui depuis la fin de 1816 a eu quatre éditions, outre celle que l'Institut en avait fait faire en i8i5. Ce volume est» malheureusement resté incomplet : on n'y trouve ni le chapitre qui devait concerner le genre oratoire, ni celui qui aurait été consacré à l'examen des livres d'histoire littéraire; on désirerait aussi les dernières pages du chapitre qui traite de l'histoire civile : mais ceux qui ont pour ol>jets la grammaire, la logique, les sciences morales et politiques, la théorie de l'art d'écrire et les romans, sont achevés, aussi bien que ceux qui concernent les principaux genres poétiques. Avant la publication de cet ouvrage, l'opinion publique, il faut l'avouer, n'avait point encore décerné à Chénier la place éminente qu'il méritait parmi les prosateurs de ces derniers temps : on ne connaissait toute l'étendiie ni de son talent, ni

I. Histoire Utténira dltalie, par Ginguené. Paris, ches filichand , *^'9f 9 ^*>l' in-S". — Ibid, . a* édition , i8ft4» 9 vol- tn-S".

SUR M.-J. CHENIER. xiii

de ses lumières , ni de son impartialité; on ne savait |)as quel empire sa raison et sa conscience exerçaient sur ses préventions et sur ses ressentiraens; on ignorait qu'habile autrefois flans Tart de la satire, il avait fini par l'être bien plus dans Tart de louer : véritable et rare progrès du talent littéraire autant que de la bonté morale. Ce Tableau, où sont si bien appréciées les productions les plus récentes de notre littérature, a pour appendice un rapport auquel avaient donné lieu les discussions sur les prix décennaux, ouvertes au sein de l'Institut. C'est le dernier écrit de Cbénier : il l'a trace d'une main mourante avec toute la vigueur et toute la grâce de son talent. Cette fois les applaudissemens furent unanimtfS, et l'on parut sentir enfin quel littérateur, quel écrivain l'on était sur le point de perdre : l'auteur fut presque aussi loué que s'il eût déjà cessé de vivre. Il est certain qu'en réclamant pour l'un de ses anciens ennemis le prix de littérature didactique il a réellement enseigné à le mériter, et que personne encore n'avait mieux apprécié ce qu'il y a d'excellent et d'imparfait, de trop court et de trop long dans les dix-neuf tomes du Lycée de La Harpe.

Divers autres écrits en prose , que nous n'avons pas encore indiqués, composeraient une troisième et dernière classe. Nous voulons parler , non des préfaces et des notes qu'il a jointes à ses poèmes, principalement à ses tragédies, mais bien des discours qu'il a prononcés daus plusieurs assemblées politiques, et qui , presque tous encore , appartiennent à la littérature, par leur matière même autant que par leurs formes. £n effet, ils concernent la propriété des productions littéraires, les récompenses dues aux savans, aux artistes, aux écrivains; la conservation des monumens , des livres et des objets d'arts ; l'instruction publique en général , et certaines institutions particulières, spécialement le Conservatoire de Musique, dont Chénier a proposé , obtenu et déterminé l'organisation.

Voilà quels ont été ses ouvrages en prose et en vers depuis

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