‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 13 sur 347 · I. Tôyes la note préc^dentr · texte numérisé non relu

I. Tôyes la note préc^dentr

OKaTKt potthnines. I.

xYiii NOTICE

peul-éire «trait cédé «m efforts de la titture et de fait, si ChÂiier arait lu s'asaoïéCir k un régime uniforme et attstère; mû» 9 trompé par l'activité toujours croissante de ses (urulréâ iolellectiicUea et morales^ il mécoiinut long-temps son état, et n'en sentit tont le péril que lorsque ce sentiment ne pouvait pilla être qu'un péril de pins.

C'est dana le cours de ces dix années qu'il a commencé ou •ebevé la plupart de ses ouvrages. H en avait projeté phisieurs aiitiies:par exemple, une tragédie ayant pour sujet la mort àm Conradin, une édition de Racine, un traité des sources du padiétique, une eoDtinuation des élémens de l'histoire de France de Millot. Il ne subsiste aucun vestige de ces projets , parce que Chénier n'écrivait presque jamais de notes ni d'esqwiatet; mais les matériaux en étaient si bien rassemblés et dîiposéa dans aa tête qu'il rendait compte de toutes les idées, àm tous les détails qui devaient entrer dans ces productions futures, et que» lorsqu'il en parlait, il en composait réellenaent quelque partie. L'étendue et la ténacité de sa mémoire le dispensaient des soins qu'on a coutume de prendre pour reetieilUr et flxer ses connaissances et ses pensées. Quoique u'eAt jamais rien ti*anscrit, rien extrait de ses lectures, nous ne sanriona dire combien de volumes on ehî rempli des morceaux devers et de prose qu'il savait par cœur , car il faudrait y cotaprendre, non seulement tous les che&>-d'ceuvre de la poésie française^ lotis lea grands traiu et les plus belles pages de nos anetHeurs écrivains en prose, «laia encore nn rectfeil très-kmg, quoique ckoisif des plus mauvais vers qû'àû til MH depuis Chapelain « et des phraaes les plos ridicules qu'on ait écrites depuis ka premièrea harangues de l'Académie française. Anoune sottise n'éGfaappait à aa mémoire impitoyable, qni avait contracté en quelque sorte les habitudes satiiiqttes de son eaprit» mais aussi il ne pouvait rien voir de grand et de beau sans l'admirer, ni rien admirer sans le retenir à jamais. Tant de souvenirs, toujours fidèles , toujours présens, éclairaient les discussions littéraires auxquelles il prenait part; il disposait

SUR M.-J. CHENIER. xik

d'tm inépuisable fonds d'exemples, qui veosieni s'appliquer d'enx-oicmes avec une parfaite justesse à chaque point d'une question. Ce qui surprendra davantage t^eux qui ne l'ont pas connu, c'est qu'il savait presque autant de dates que de vers; pas un seul fait de quelque importance dans Thistcnrc civiie ou littéraire, dont il ne fût toujours prêt k rappeler l'époque précise ou convenue ; pas un poète , pas un seul auteur,' taai soit peu remarqué, dont il ne pût an besoiu et sans ia moindre recherche dater la naissance, les travaux et la rnort^ au^ tant du moins qu'on le peut faire» II. avait particulièrauent étudié la b'd)liographie , comparé les plus liches catalogues, examiné un trés^and nombre de livres ; non seulement il 9àr vait d'une manière imperturbable les dates de toutes 1er édî<^ tions qui sont di^es de quelque souvenir, mais il en avait observé et retenu tontes les circonstances distinctives : cette étude lui plaisait, comme une branche de l'histoire littéraire, de eette histoire de toutes les connaissanees humaines, qui est elle-même l'une des plus utiles connaissances.

U n'avait point cultivé les sciences physiques et natbéuMi'tiques; mais il en savait l'histoire et par conséquent lee principaux résultats , ceux du moins que le langage commun peut exprimer. Plus entraîné vers les arts qui tienneut i la poésie par des rapports immédiats et sensibles, il en avait appris et les annales et les langues : il prenait un vif intérêt aux arts du dessin, il cultivait la musique, et les grands artistes le plaçaient au premier rang des amateurs éclairés; mais il excellak dans les deux genres de connaissances qu'on a coutume de désigner par les uoms de belles-letlives et d'histoire; il les regardait comme indivisibles, et n'en séparait ni l'analyse de la pensée, ni les sciences morales et politiques. Malgré l'immensité de ses lectures, et son goût pour certaines recherches, il ne prétendait point à l'érudition ; mais fort peu de littérateurs ont réuni , possédé un plus grand nombre de ces connaissances réelles, de ces lumières véritables et fécondes qui ne prennent que le modeste nom d'instrucdon , etqivi manquent souvent aux érudits.

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