‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 155 sur 347 · ACTE III, SCÈNE V. a4i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V. a4i

J*^ TU se oonsammer l'œuvre de tyrannie ;

Tai vu le crime heureux et la vertu punie ;

L'honneur, la liberté, la patrie aux abois,

Dans ses plus chers enfans expirant mille fois;

La cause des méchans par les Dieux protégée ;

Dans la nuit du tombeau Rome entière plongée.

Enfin, de bouche en bouche, un bruit s'est répandu

Qu'au milieu du combat quelques soldats ont vu

De notre dictateur errer l'ombre sanglante;

Il agitait sa main d'un glaive étincelante.

Excitait, disent-ils, les siens à le venger.

Et lui-même au carnage aimait à se plonger :

Soit pour nous opposer un étemel obstacle

Que le ciel ait permis cet effrayant spectacle.

Soit qu'ils aient cru le voir, ou qu'ils aient prétendu

Justifier ainsi leur courage perdu ,

Tout meurt, fiiit ou se rend; et cette plaine esclave

Voit nos débris courir sous les drapeaux d'Octave.

Hélas! d'un faible reste à peine environné,

Brutus lève son firent pensif et consterné ;

Il regarde le ciel , et de ses yeux stoiques

Coulent sur notre sort des larmes héroïques.

a Je me suis abusé , la vertu n'est qu'un nom ,

« Nous dit-il , et bientôt , prends ce glaive, Straton.... ;

« Tu me connais, tu vois qu'il n'est plus de patrie;

« Prends, si je te suis cher, sauve-moi de la vie. .

« Romains , ô mes amis, ne pleurez pas. Grands Dieux T

« Que les auteurs du mal n'évitent point vos yeux. »

Œavres posthames. I. 1^1

a4^ BRUTUS ET CASSIUS.

Il se penche à ces mots : Straton frappe, il expire; La république tombe et fait place à Tempire.

PORCIE

A Tempire!

MESSALi^

Il n'est plus qu'un refuge pour nons.

Rome, je te Tai dit, tombe avec ton époux. Pardonne, je frémis d'un conseil si funeste: Tendre les mains aux fers est tout ce qui nous reste.

PORCIE

La fille de Caton tendre les mains aux fers! Non , je les brave encor ces rois de l'Univers.

MESSALA

Qu'espérez-vous?

PORCIE

On vient.

MESSALA

C'est Agrippa.

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