‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 2)Chapitre 59 sur 347 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

CYRUS, MANDANE, ASTYAGE, garjdes.

ASTYAGE

Eh bien, de vous, Mandane, ai-je eu tort de me plaindre ? Tandis qu'un vil mortel, vieilli dans l'art de feindre. De Cyrus en pleurant m'annonce le trépas, Cyrus est dans ces murs ; vous ne l'ignorez pas. U y vient de Memnon confirmer le présage; Mitradate me fuit; je ne vois point Harpage; Hors ce jeune guerrier, tout se cache à mes yeux. Mandane , on l'accusait d'un combat odieux ; Auprès de vous pourtant je le retrouve encore.

MANDANE

Ah! seigneur, permettez que ma voix vous implore.

ASTTAGE.

Pour lui?

MANDAN E.

Contre mon fils il ne s'est point armé.

ASTTAGE.

Je reconnais Cyrus ; vos larmes l'ont nommé. Soldats!

MANDANE

N'ordonnez rien. Non ; je dois le défendre. Lui mon fils! vous croyez... seigneur, daignez m'enteodre.

Mandane , au nom du ciel qui nous a réunis , Ne désavouez point que je suis votre fils. N'accusez point, seigneur, celle qui m'a fait naître: Mitradate à l'instant vient de me reconnaître. Vous avez tout pouvoir sur un infortuné, Que, même en son berceau, vous aviez condamné; Ainsi que mes destins j'ignorais ma disgrâce , Et jusques aux dangers répandus sur ma trace. Vous savez quel combat vous m'avez proposé; Il était criminel, et je l'ai refusé.

J'aurais pu contre vous tenter une victoire; ^Elle m'aurait flétri; j*ai conservé ma gloire; Je redoute la honte et crains peu le trépas; Je l'ai bravé pour vous en guidant vos soldats. Si votre haine encore a besoin de ma tête. Ordonnez, je vous suis, votre victime est prête.

Mon empire ébranlé s'affermit en ce jour.

Page 1