I. Gluck
a84 ÉPITRE A MÉHUL.
Quand la reine des nuits brille entre les nuneaui , Du rantz accoutumé les notes languissantes Jlent au bercail les vaches mugissantes.
\Jn peut laisser en paix des rimeurs innocens Dont la muse inconnue outrage le bon sens : « Qu'un Ferlus, qui végète aux marais du Parnasse, « Pense atteindre le vol de Lucrèce et d'Horace; « Qu'en écrivant aux sots Despaze, dans l'accès, « Braille ses vers gascons qu'il croit des vers français; « Qu'un Balourd-Lormian ' , ridicule Pygmée , <c Travestisse le Tasse en prose mal rimée; <c Tous ces fils de Cotin, plus décriés que lui, <c Des mépris du public se vengent par l'ennui. » Mais, des mœurs et du goût s'ils se disent arbitres, Du tribunal burlesque on veut savoir les titres. Qui ne rirait de voir un Zoîle, irrité, !Nous demander raison de son obscurité.
Et, ne prévoyant pas les dégoûts qu'il s'attire. Armer sa faible main du fouet de la satire? Quelques censeurs, bravant d'orageuses rumeurs. Contre le vice altier défendirent les mœurs;
I. Ce passage a été écrit lorsque M. Baour Lormian publia sa première traduction de la Jérusalem délivrée.
a86 ESSAI
Mais l'austère vertu recommandait leur vie. En des vers généreux s'ils attaquaient l'envie , Us savaient rendre hommage au mérite envié; Et , s'ils vengeaient le goût trop souvent oublié , Chacun de leurs écrits au goût toujours fidèle, En donnant la leçon présentait le modèle. Dans la Grèce autrefois, sur la scène étalés, Socrate et Périclès, en public immolés'. Étaient livrés aux ris d'une foule profane. Si l'envie inspirait les vers d'Aristophane, La vengeance dicta, dans ses fougueux élans, D'Archiloque en fureur les ïambes sangtans. Chez les Romains bientôt, sous la plume d'Horace, La satire, unissant la vigueur et la grâce, Sans préparer l'exil, sans verser le poison. D'un utile enjoûment vint orner la raison. Fort, mais avec douceur, précis quoique facile. Ce poète élégant, le vainqueur de Lucile, Animant un vers pur du feu de ses bons mots. Fut chéri des talens et redouté des sots. Aux stolques leçons quand sa muse exercée Prouve que la sottise est toujours insensée, Que l'homme n'est jamais content de ses destins; Quand de Nasidiénus' il décrit les festins,