‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 3)Chapitre 28 sur 178 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SIR GEORGES

OiEN, fort bien. Joséphine en ce lieu va se rendre. Sept heures! c'est bien tard. N'importe, il faut l'attendre. Elle sera, sans doute, exacte au rendez-vous: Elle me l'a promis. Monsieur son cher époux N'en soupçonnera rien : c'est un bon caractère. Un mari... le meilleur qui soit en Angleterre, Malgré son toû de maître et même un peu grondeur; Le pauvre homme est de plus mon humble admirateur. Belle.... par sa figure et par son héritage. Sa pupille Élisa doit être mon partage. Ah ! que je suis heureux d'avoir bien calculé ! Mon frère s'est conduit en jeune écervelé. Aussi, de tous cotés ep, butte à la satire. Sans réputation, sans argent, c'est bien pire; . i Des plaisirs qu'il n'a plus il conserve le goût : Sitôt qu'on devient gueux, on désire; et c'est tout.

Moi, je me suis réglé sur de plus sûrs modèles: Courtisant les maris, les tuteurs et les belles, Blâmant, contrôlant tout, sans renoncer à rien, Taurai su joindre ensemble honneur, plaisir et bien. Je me sens révolté quand quelques bonnes âmes Mettent tout leur mérite à bien tromper des femmes ; C'est bien; mais, dans cet art fut-on très-entendu. Ce ^'on prête est toujours exactement rendu. Le mieux, c'est de tromper les femmes et les hommes. C'est un vrai bal masqué que le tems où nous sommes; Et, si l'on veut au bal être considéré. Il faut bien y porter un masque révéré.

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