‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 146 sur 246 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Arrêtez: je défends... Mais que vois-je, inhumains? Quel meurtre abominable ensanglante vos mains ? Moi-même... Ah! qu'ai-je fait? cruel, ingrat, perfide, Parjure à mes sermens, sacrilège, homicide. J'ai des plus vils tyrans réuni les forfaits. Et je suis tout couvert du sang de mes sujets. Ces lieux en sont baignés; sous ces portiques sombres Des malheureux proscrits je vois errer les ombres ; Une invisible main s'appesantit sur moi. Dieu ! quel spectre hideux redouble mon effroi ? C'est lui: j'entends sa voix terrible et menaçante: Coligni!... Voyez-vous cette tête sanglante? Loin de moi cette tête et ces flancs entr'ouverts ! Il me suit, il me presse, il m'entraîne aux enfers. Pardon, Dieu tout-puissant,Dieu qui venges les crimes ! Toi, Coligni! vous tous, vous, trop chères victimes. Pardon! Si vous étiez témoins de mes douleurs, A votre meurtrier vous donneriez des pleurs. Des cruels ont instruit ma bouche à l'imposture; Leur voix a dans mon âme étouffe la nature; J'ai trahi la patrie, et l'honneur, et les lois : Le Ciel, en me frappant , donne un exemple aux rois.

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