SCÈNE L
Page 194, vers 6.
Lorsqu'un hymen brillant s'unit à vos destins.
Le mariage du jeune roi de Navarre, alors âgé de dix-neuf ans, avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX, fut célébré au Louvre fort peu de tems avant le massacre de la Saint-Barthélemi.
Ibid.
Page 194» vers 19 et ao.
Le poison terminant les jours de votre frère, Et peut-être au cercueil précipitant ma mère.
Le parti catholique fit empoisonner, dit-on, par un valet de chambre, le cardinal de Châtillon, frère de Coligni. Ce prélat s'était réfugié à Londres; il mourut en 1571.
Jeanne d'Albret, reine de Navarre et mère de Henri IV, mourut à Paris le 9 juin 1572. Les protestans assuraient qu'elle avait été empoisonnée par un parfumeur florentin ,
27a NOTES.
nommé René. Le poison fut /dit-on, communiqué à des gants de senteur; et le crime était ordonné par Catherine de Médicis. Au reste , ce fait n'est pas prouvé ; et les historiens varient beaucoup sur le degré de confiance qu'il mérite.
Il faut observer qu'à cette époque , comme il arrive ches tous les peuples durant les tems de trouble , les partis opposés se reprochaient mutuellement des crimes , sans en apporter la moindre preuve. En 1566, Simon le Mai, accompagné de plusieurs assassins , voulut attenter à la vie de Charies IX , de Catherine de Médicis et du duc d'Anjou : les meurtriers tentèrent ces assassinats sous l'Hôtel-de-Ville, un soir qge la famille royale, après souper , retournait du Louvre à Saint- Maur, maison de plaisance de Charles IX. La faction des Guises prétendit que l'Amiral de Coligni était le premier auteur de ce crime. Déjà elle l'avait accusé, en i563 , d'avoir déterminé Poltrot à tuer le duc François de Guise.
Ibid.
Page 194» vers ai et %%.
Des crimes, des malheurs, et les champs odieux Où Condé, ce grand homme, expira sous nos yeux.
Le prince de Condé, oncle de Henri IV, fut tué en iSôg à la bataille de Jarnac, par Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou.
Ibid.
Page 195, vers i3.
Trois fois les dés sanglans ont effrayé ma vue!
Cette anecdote est très-connue. A la place de ce morceau, il y avait aux premières représentations un songe du roi de Navarre, qui était fort accueilli. Quelques critiques disaient
pourtant que j'avais rendu le roi de Navarre trop superstitieux, et qu'un roi tel que Henri IV ne pouvait être frappé d'un songe. Si j'ai retranché le songe , ce n'est pas que je me' sois rendu à cette critique : la superstition était dans ce tems' l'esprit général ; et il s'en faut bien que Henri lY en f&t exempt. Lisez, dans les Mémoires de Sully, ses longs pressentimens sur sa mort : l'anecdote des gouttes de sang sur la table et sur les dés est infiDiment plus superstitieuse qu'un songe. Mon umqué dessein, en faisant ce changement, a donc été de substituer une chose neuve et fondée sur le témoignage des h^storieiis à un morceau d'invention , dont lés formes étaient déjà îàti connues sur la scène française. ; " '
Ibid.
} ^ Page 195, vers 17.
Maurevel a commis un crime mercenaire.
Personne n'ignore que l'Amiral de Coligni fut blessé d'un coup d'arquebuse , deux ou trois jours avant le massacre : le meurtrier se notnmait Mieiufevel'iÀtt' l^unevert. Il él^ attaché aux Guises; et la part qu'ils avaient à cet assassinat ne peut être raisonnablement rtiise-ëtf^dc^'ie.- > ^ *. '
Page 197, y^rs 5 et 6.
Que les lieux ou jadis Vécdiiiait. mon eofaiice;,. Avec un tçl séjour «pt peu de resseqiblb^/^ !
L'Éducation fait les hommes presque autant que la Naéure. Henri lY, élevé au château de Coarasse en Béam, parmi des rochers et des montagnes , devint un grand prince, parce qu'il
Œoyres ancieonet. I. 1 0
ne fîit poiot g^ié à plaisir; il De oonniU point «lès soa enfanee U mollesse et la flatterie. SU eût été accoutumé à vivre en fit» de, roi y il n'eût pas été ^i digne de régner. Lisez dans Péréâze les détails sur son éducation agreste et vigoureuse. Les talens d'un Instituteur, quelque grands qu'ils soient, ne peuvent lutter avantageusement contre des habitudes corruptrices. Qu'in^ portent les leçons des Fénélon et des Condillac , s'ils sont (d>Iigés de parler à leur élève avec un profond respect; si l'Instituteur, homme bit, homme éclairé, doit s'humilier devant le prince d^ms l'âge de la faiblesse et de l'ignorance ? Tant que vous tFoiteres les enfans des rois comme s'ib étaient au-dessus des hommes, n'espérez pas qu'ils s'élèvent au niveau des hommes : ils vivront et mourront enfans.