‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 185 sur 246 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LE ROI DE FRANCE, LA REINE-MÈRE, LE CHANCELIER DE LHOSPITAI», LE CAR- DINAL DE LORRAINE, LE DUC DE GUISE,

AUTRES HSHBKES BV COMSBIL.

LB ROI DB FRANCE

Prenez place. Messieurs. Parlez, ëckirez-moi :

Ecouter ses sujets est le devoir d'un roi.

Aidez de vos conseils un prince qui vous aime;

Songez à mon empire, et non pas à moi-même.

Dix ans déjà passés, un édit important

Permit dans mes États le culte protestant.

Je veux quun tel édit fftt alors nécessaire;

Mais il n a pu donner qu'un calme imaginaire ;

Vous le savez, Madame; et de nos deux traités

Nous avons recueilli des fruits ensanglantés.

Un troisième est conclu : qu*il nous soit moins funeste.

On se repent : je veux oublier tout le reste.

Au destin de ma scBur Bourbon vient d*étre uni ;

De gloire et de bienfaits j*aî comblé Goligni ;

Je vois rhomme d*£tat, et non plus le rebelle:

Je lui rends une estime , une amitié nouvelle.

Condé me sera cher; et tous mes vrais amis

Ne se compteront plus parmi leurs ennemis.

Ne vous alarmez point: mes bontés, jf Tespèrc,

33a CHARLES IX.

Vont les rendre aujourd'hui plus soigneux de me plaire.

Mais, du moins , il est tems de cimenter la paix;

Il est tems qu'un édit prescrive à mes sujets

De rentrer dans le sein de l'Église étemelle.

A cette auguste loi s'il est quelque infidèle.

Par son juste trépas c'est à moi de venger

Rome, et ce Dieu puissant que l'on ose outrager.

LA RBINB-MÈRB.

Rendez, rendez, mon fib,au trône, à la patrie,

A la religion sa majesté chérie.

Nos malheurs sont finis ; ils semblent désormais

Se perdre dans l'édat d'une éternelle paix.

Mais trop souvent , au gré des ligues mutinées ,

Un seul jour a détruit l'œuvre de vingt années.

La mort frappe les rois : un lâche successeur.

Ou peu digne, ou jaloux de son prédécesseur,

De ses projets bientôt laisse tomber la gloire ,

Et veut dans le cercueil éteindre sa mémoire.

Par-delà le tombeau régnez sur les Français ;

Sur les siècles futurs étendez vos bienfaits;

Dans un repos certain que la France respire ;

Que rien n agite plus le culte ni l'empire.

Vous imposez un frein à la rébellion :

Le frein de la clémence; et, soit ambition ,

Soit pouvoir des bienfaits, soit crainte aussi peut-être,

Les grands adopteront le culte de leur maître ;

Et nous verrons sans doute, après leur changement.

Les restes du parti détruits en un moment.

D'un œil imitateur le peuple les contemple ;

De son premier modèle il suit toujours l'exemple :

Pour eux , non pour Calvin , son choix s'est déclaré :

Il ne méprise point ceux qui l'ont égaré;

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