‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 210 sur 246 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE ROI DE FRANCE, LA REINE-MÈRE, LE CARDINAL DE LORRAINE, LE DUC

DE GUISE, COURTISANS, GARDES, PAGES avec des flambeaux.

LA REINE-MERE

Je ne prévoyais pas un tel excès d'audace : A la mort échappé, l'imprudent vous menace ! Vous gémir ! vous, mon fils! C'est à lui de trembler : lia main qui l'a sauvé peut encor Taccabler.

LE ROI DE FRANCE

Il a dit vrai.

LA REINE-MERE

Comment ?

36a CHARLES IX.

LE HOI DB FBANCE

J*ai commis ub grand crime.

LE CARDINAL

Un roi doit se venger du parti qui Topprime.

LE aOI DE FRANCE.

Je ne suis plus un roi : je suis un assassin.

LA REINE-IIÊBB.

Ah ! tout Yous inspirait cet important dessein : Votre intérêt.

LE CARDINAL

Le Ciel.

LE DUC

L*éclat de votre empire.

LE ROI DE FRANCE

A me tromper encor leur perfidie aspire ! Les attentats des rois ne sont pas impunis ! Cruels , à mes tourmens soyez du moins unis. C*est vous qui me coûtez des larmes étemelles. Mes mains, vous le savez, n'étaient point criminelles; Sans crainte et sans remords je contemplais les Cieux; Tout est changé pour moi : le jour m*est odieux. Où fuir ? où me cacher dans l'horreur des ténèbres ? O nuit ! couvre-moi bien de tes voiles funèbres.

LA REINE- M ÈRE

Mon cher fils...

LE ROI DE FRANCE

En ces lieux qui vous a rassemblés?

Attendez un moment : ne marchez pas ; tremblez. Pour qui ces glaives nus ? quels sont vos adversaires ? Vous courez immoler, qui? vos amis? vos frères? An-étez: je défends... Mais que vois-je, inhumains? Quel meurtre abominable ensanglante vos mains ?

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