SCÈNE IV
Le Sort m*a refusé, je ne veux point le taire, D'un long amas d'aïeux l'éclat héréditaire ; £t Ton ne me voit point, de leur nom revêtu, Par huit siècles d'honneurs dispensé de vertu.
Vers «, page 2^7.
l'abbé.
J'avoue qu'ils me paraissent assez bien; et j'ai quelque regret de ne les avoir pas remarqués : car il faut être juste.
LA VIDAME
Vous devenez indulgent, l'Abbe; moi, je n'y trouve rien de si admirable. C'est l'emphase de ce mot de vertu qui vous en impose. Mais, est -il donc vrai qu'elle n'existe pas plus essentiellement chez les gens comme il faut, chez les gens comme nous, que dans lobscure bourgeoisie? Il me semble qu'on abuse cruellement de ce mot depuis quelque tems : on le fourre partout; et ceci me rappelle une comédie qu'on n'a point encore jouée, mais que l'Auteur m'a lue der* nièrement, et dont j'ai retenu ces quatre vers :
Parcourez nos journaux : cent traits de bienfaisance Prouvent que l'âge d'or se renouvelle en France. De ces traits, chaque jour, Paris est rebattu; Et , jusqu'à Figaro , tout parle de vertu.
LE CHEVALIER
Il est vrai que jamais on n'eut plus de vertu en paroles, et moins en action.
DORlMOir.
Laissez, Monsieur, laissez la France se régénérer,.