Voyez le premier volume des OEuvres anciennes
2, Voyez le deuxième rolume des Œuvres anciennes.
TimoUon etCaîas Gracchus % dans les anciennes. Ces ouvrages, distingués parmi ceux de l'auteur, ont subi la double épreuve de la représentation et de rimpression. L'une et l'autre ont prouvé que son génie savait approfondir les causes des sacrifices déchirans que l'héroïsme ose faire à la patrie, développer l'éloquence tribunitienne luttant pour le peuple contre un patriciat spoliateur, dévoiler les crimes d'État sanctifiés par le fanatisme catholique au milieu des schismes religieux, peindre les forfaits d'une âme sombre et jalouse qu'enhardit dans ses caprices une autorité despotique ; enfin , exposer le tableau de la charité vraiment apostolique , de la piété tolérante qui ramène les coeurs, qui prêche d'exemple, et console les misères de l'humanité. Le même caractère apparaît dans les autres pièces qu'il nous a léguées : cellesci nous fourniront les moyens de comparer sou esprit avec celui des Tragiques de l'antiquité et avec celui des Modernes étrangers. Les deux OEdipes grecs qu'il a traduits; Brutus et Cassius^; Philippe II , et ISathan le Sage, qu'il a imités, méritent d'être attentivement examinés. Mais, hâtons-nous de rechercher en lui ce qu'il ne doit qu'à lui-même, ce qui lui est propre, ce qu'il a
I. Voyez le deuxième volume des Œuvres anciennes, a. Voyez le tome I des Œuvres posthumes.
lo ANALYSE RAISONNÉE
créé totalement d'original : car, Tinvention dans le sujet , dans l'ordonnance et dans le style, signale seule un vrai poète ; et je me saisis d'abord de son Tibère ^^ tragédie en cinq actes, qui me paraît le plus éminemment lui assurer l'unanimité des suffrages par une composition forte , grave et régulière. Si l'on juge cette tragédie d'après les lois de l'art, tant sous le point de vue classique que sous le rapport d'un noble effet théâtral , c'est, sans doute, la meilleure qu'il ait faite; et je ne balance point à prédire qu'au jour où le public la verra bien jouée il l'estimera comme étant son chefd'œuvre.
De tous les fléaux , la tyrannie est le plus odieux pour les hommes entièrement hommes ; de toutes les images qu'on leur en peut tracer pour la leur faire haïr, celle qui en découvre le mieux les profonds artifices est la plus salutaire et la plus morale. Chez les peuples dont l'esclavage est immémorial aussi-bien que le despotisme consacré qui les abrutit, l'oppression, graduée de rang en rang jusqu'à la plus abjecte servitude, n'offre que l'aspect d'un ordre avilissant qui fait peu sentir ce qu'il a dénaturé , parce que le mal s'y opère sans choc au sein d'un calme trompeur ; mais l'opposition de la Liberté qui se débat et meurt sous les