‹ Œuvres completes de M.J. Chenier (volume 4)Chapitre 38 sur 246 · Acte III, scèoe v, page 141, vers 1 et suiv · texte numérisé non relu

Acte III, scèoe v, page 141, vers 1 et suiv

De pareils vers, tout sentencieux, et plus conformes à la prose nouvelle qu'au style poétique, recevraient peut- être les grands applaudissemens de tel ou tel parterre ; mais ils n'en paraîtraient pas moins très-communs et très-déplacés à la saine partie du public.

La sévérité d'A.lfiéri dans le même sujet, exempte

de toute vaiiM digression , inâritaût que notre poète la prit pour guide. LÀ, Philippe II n'est pas un vieillard incertain et faux que les personnages de sa cour documentent et insultent tour à tour avec impunité : c'est un despote cruel , jaloux et dissi* mule; on ne lui suggère point ses soupçons : il les conçoit ; on ne lui indique pas ses moyens de vengeance : ils partent de son sein ; ni son fils, ni sa femme n'oseraient l'outrager en &ce par les aveux de leur flamme incestueuse et adultère. Tout le plan de l'auteur n'est qu'un exposé de passions fortes , mais vraies. La seule rivalité du père et du fils forme la matière du drame. Les troubles des Pays-Bas, les imputations de crime politique, n'en sont que les mobiles; et l'Inquisition n'y agit que comme instrument de la haine et comme ressort de la catastrophe. J'aime mieux croire, en l'honneur de Chénier, qu'il n'avait point lu cette pièce que de supposer qu'il ait pu rester aveugle aux mâles beautés dont elle éclate. A-t-il rien de comparable, dans la sienne, à ce dialogue avec Gomez, servile témoin de l'interrogatoire que ce roi fait subir artificieusement à sa jeune épouse et au jeune prince !

PHILIPPO

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UdiL

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